Ou comment obtenir le maximum avec le minimum : recueillir les informations pertinentes à la résolution du problème tout en dialoguant avec les patients et en intervenant déjà sur le problème. Le questionnement stratégique s’intègre dans un dialogue qui conduit thérapeute et patient à découvrir ensemble les dynamiques de fonctionnement du problème, puis de sa solution. Les lecteurs de cette Revue et les participants aux colloques qu’elle organise régulièrement ont vu passer de nombreuses présentations parlant de l’approche systémique stratégique brève, un modèle thérapeutique qui a pris forme au Mental Research Institute (MRI) créé en 1967 à Palo Alto.
Sa marque de fabrique est le concept de « tentative de solution », c’est-à-dire tout ce qui est tenté – ou non, d’ailleurs – par une personne et qui, au lieu de véritablement résoudre le problème qui la fait souffrir, le maintient ou même l’aggrave. Ainsi le premier travail du thérapeute stratégique est de découvrir, tout en dialoguant et en faisant connaissance avec le patient (c’est-à-dire en établissant la relation), ce que très concrètement celui-ci fait ou ne fait pas par rapport à ce dont il souffre, dit ou ne dit pas, pense ou ne pense pas, de même que tout ce qui sous-tend ces tentatives de solution et contribue à les entretenir : sa position ainsi que sa vision du monde et ses valeurs, croyances et émotions en lien avec le problème pour lequel il consulte, les éventuelles interactions susceptibles de l’entretenir et, le cas échéant, la position et les motifs des personnes impliquées ainsi que leur impact sur le patient. La dynamique redondante particulière que le questionnement fait émerger dans cette première phase de la thérapie est appelée « le fonctionnement du problème ».
Si cette dynamique semble souvent complexe, le thérapeute doit pouvoir la reformuler en termes très concrets et circulaires : « qui fait ou dit quoi, à qui, quand, comment, et avec quel(s) effet(s) ? ». Cela vient à éclairer sa compréhension, tout comme celle du patient. Ainsi le questionnement ne nous sert pas à établir une anamnèse, mais nous considérons tout ce que le patient peut spontanément nous dire concernant, par exemple, son passé, ses antécédents, son histoire personnelle et familiale à la lumière de notre « grille » de problématisation et d’intervention, et nous posons des questions stratégiques. Notre question d’ouverture, grosso modo, est : « Quel est le problème qui vous amène chez moi aujourd’hui ? » Puis nous cherchons à savoir depuis quand, comment il se manifeste, avec qui, s’il y a des exceptions, et nous explorons tous les aspects mentionnés au premier paragraphe de ce texte. Nous posons donc des questions ouvertes ou fermées afin de mettre en lumière le fonctionnement du problème. La séance se déroule sur le mode du dialogue ; après que le patient a répondu à quelques questions et avant d’en poser d’autres, nous reformulons pour nous assurer que nous avons bien compris, ce qui permet au patient de nous corriger si ce n’est pas le cas, ou alors, si ça l’est, d’avoir l’occasion d’entendre et de se représenter, bout par bout, les différentes dynamiques à l’oeuvre dans son problème.
Cette représentation ou perception est déjà le début de la résolution, car une fois que nous voyons ou que nous sentons comme notre problème fonctionne, notre esprit s’ouvre à de nouvelles possibilités : celles de faire autrement. Ce qui se passe dans cette ouverture est, pour commencer, davantage un « sentir » qu’une prise de conscience intellectuelle. Je me permets d’ajouter ici une évidence : toute ouverture n’est possible que dans un contexte relationnel de qualité. Ce n’est pas parce que l’on fait de la thérapie stratégique que la relation ne compte pas – bien au contraire. C’est grâce à la qualité de la relation et de la communication et à un questionnement stratégique pertinent que l’on accède aux informations nécessaires pour mettre en place une bonne stratégie. Ces trois aspects se soutiennent mutuellement. La communication employée dans le questionnement ou dialogue stratégique tient compte des particularités de la personne et de son problème. Au service de la relation thérapeutique et de l’efficacité et de l’efficience du processus thérapeutique, la communication verbale, paraverbale et non verbale est d’une grande importance. La personne qui consulte doit se sentir écoutée, comprise et rejointe afin de pouvoir accéder en elle-même aux réponses aux questions posées par le thérapeute.
Les compétences communicationnelles s’appliquent naturellement lors du questionnement et, pour reprendre les mots de Milton Erickson, « on parle le langage du patient ». Si nécessaire, les questions cruciales peuvent être posées sur un mode hypnotique pour renforcer leur impact thérapeutique. Le questionnement et la stratégie : la stratégie employée pour résoudre le problème doit épouser le fonctionnement du problème, d’où l’importance de l’avoir bien compris. Techniquement, pour construire une résolution véritable et durable, il faut faire opérer à la personne qui consulte un 180 degrés par rapport à ses tentatives de solution problématiques, ce qui, on le devine, n’est parfois pas une mince affaire. Cela peut nécessiter de la patience et un certain doigté. En effet, nul ne fait exprès de se comporter d’une manière qui l’aggrave, ou d’entretenir des pensées qui vont finir par alimenter sa souffrance.
Dit autrement, l’investigation ou questionnement stratégique doit pouvoir mettre au jour des redondances, lesquelles correspondent à une limitation des possibilités de répondre à certaines situations, ce qui génère de la souffrance. Sur la base de la connaissance qui émergera et qui sera au fur et à mesure partagée avec le patient, nous pourrons donner des indications thérapeutiques visant à l’amener à changer les réactions qui alimentaient les perceptions problématiques, et à modifier les perceptions qui sous-tendaient ces réactions, créant ainsi de nouvelles possibilités – de nouvelles redondances – plus satisfaisantes pour lui, autrement dit des solutions qui fonctionnent.
Le questionnement ou dialogue stratégique permet de mettre en lumière des particularités qui vont faire une grande différence au niveau de l’efficacité du processus de résolution du problème, et par conséquent de l’optimisme thérapeutique. La finesse du questionnement est déterminée par l’expérience du thérapeute. Illustration : une jeune fille de 16 ans consulte pour ce qu’elle et sa mère appellent des « attaques de panique », des « crises d’angoisse » et « beaucoup de stress ». Ne parvenant plus à aller en cours, elle a été déscolarisée dès le deuxième mois de l’année scolaire, et nous sommes en mai. Elle a perdu une année et va devoir redoubler à la rentrée prochaine. Le questionnement stratégique révèle que c’est une phobie de vomir qui déclenche ces moments de grand malêtre (même si elle n’a jamais vomi en public), un contrôle de ce qu’elle mange (pour éviter d’avoir mal au ventre et éventuellement de vomir) et de ses sensations physiques (elle voudrait évidemment éviter de se sentir mal) ; elle a un comportement d’évitement qui s’est généralisé (au moment où nous la voyons, elle du mal à sortir de chez elle pour voir des amis) et toute une série de pensées catastrophiques qui s’activent dès qu’elle doit faire quelque chose, et même désormais lorsqu’elle reste dans sa chambre.
Ce qu’elle-même et son entourage ont tenté jusqu’à présent n’a pas fonctionné ; de sa part : respirer, penser positif, chercher à se détendre ou se distraire ; de la part de ses proches : protéger, rassurer, encourager, exhorter... Autant d’éléments que le thérapeute doit avoir identifiés afin de ne pas les conseiller ! En poursuivant le dialogue stratégique, il apparaît qu’en plus d’éviter les situations, la patiente a d’autres tentatives de solution : elle prend de nombreuses précautions ; par exemple, elle doit toujours avoir certains objets dans son sac « au cas où », comme son téléphone, sa vapoteuse, une bouteille d’eau et des anxiolytiques qu’elle consomme au besoin ; elle ne reste jamais plus de vingt minutes dans une voiture ; son apparence doit toujours être impeccable pour « éviter des stress supplémentaires » – on comprend ainsi que dans l’espoir de se rassurer elle tente non seulement de contrôler ses propres sensations, mais aussi la perception que les autres (pense-t-elle) pourraient avoir d’elle. Et quand le stress est trop intense, elle se gratte jusqu’au sang (scarification) pour se distraire et tenter de le faire baisser – mais le soulagement dure peu. Elle dispose également d’un fort système de soutien, avec une maman très disponible pour l’aider, la conduire, la ramener en voiture, etc., dès qu’elle ne se sent pas bien.
En nous intéressant à ses pensées catastrophiques et en posant des questions discriminantes, nous comprenons qu’elle ne redoute pas que les choses se passent mal, mais plutôt qu’elle est convaincue que les désastres qu’elle projette vont bien avoir lieu ; une distinction qui va nous permettre de proposer tout de suite une indication thérapeutique ciblée (questionnée en début de deuxième séance, la patiente répondra qu’en effet les catastrophes projetées ne se sont jamais réellement produites et que le fait de le reconnaître lui a procuré un soulagement... maintenant, elle a « juste très peur » que les malheurs arrivent, ce qui justifiera le recours à une prescription différente).
Toutes ces informations ont été recueillies dans la première demi-heure de cette première rencontre au cours de ce que l’on pourrait appeler « une agréable conversation », qui n’a rien à voir avec un interrogatoire, et qui comporte aussi nombre de reformulations et de recadrages. La patiente – elle le dira spontanément à la fin de la séance – a l’impression que l’on s’intéresse vraiment à elle et, bien qu’elle avoue s’être sentie au début stressée de devoir parler de ce qui la fait souffrir, se trouve plutôt soulagée à l’issue du rendez- vous. Ces déclarations nous éclairent elles aussi sur le fonctionnement du problème.
On recourt bien évidemment au questionnement stratégique à toutes les étapes du processus thérapeutique. Et ceci notamment pour comprendre comment le patient a vécu le temps écoulé entre les rendez-vous, ce qui s’est passé pour lui lorsqu’il a appliqué les consignes thérapeutiques qui lui ont été données à la fin de la séance précédente, et comment il perçoit sa situation à l’instant T. Lorsque les choses fonctionnent, le questionnement éclaire la résolution du problème. Quand ce que l’on a mis en place n’a pas produit les résultats escomptés, le questionnement stratégique doit être réinitialisé.
Le questionnement ou dialogue stratégique inclut le patient dans le processus et renforce la qualité de la relation thérapeutique. Il est très rassurant pour une personne qui, souvent, n’en est pas à sa première tentative thérapeutique, de sentir que le thérapeute n’a pas peur de s’intéresser de près à son problème, aussi sévère ou embarrassant soit-il, et sait poser les bonnes questions. Il est aussi très soulageant pour elle de remarquer que ses réponses sont prises en compte et qu’elle-même devient partie prenante du processus. N’oublions jamais que le spécialiste du problème, c’est ...
Pour lire la suite du Hors-Série 20 de la Revue Hypnose et Thérapies Brèves sur les Questionnements Thérapeutiques....
Sa marque de fabrique est le concept de « tentative de solution », c’est-à-dire tout ce qui est tenté – ou non, d’ailleurs – par une personne et qui, au lieu de véritablement résoudre le problème qui la fait souffrir, le maintient ou même l’aggrave. Ainsi le premier travail du thérapeute stratégique est de découvrir, tout en dialoguant et en faisant connaissance avec le patient (c’est-à-dire en établissant la relation), ce que très concrètement celui-ci fait ou ne fait pas par rapport à ce dont il souffre, dit ou ne dit pas, pense ou ne pense pas, de même que tout ce qui sous-tend ces tentatives de solution et contribue à les entretenir : sa position ainsi que sa vision du monde et ses valeurs, croyances et émotions en lien avec le problème pour lequel il consulte, les éventuelles interactions susceptibles de l’entretenir et, le cas échéant, la position et les motifs des personnes impliquées ainsi que leur impact sur le patient. La dynamique redondante particulière que le questionnement fait émerger dans cette première phase de la thérapie est appelée « le fonctionnement du problème ».
Si cette dynamique semble souvent complexe, le thérapeute doit pouvoir la reformuler en termes très concrets et circulaires : « qui fait ou dit quoi, à qui, quand, comment, et avec quel(s) effet(s) ? ». Cela vient à éclairer sa compréhension, tout comme celle du patient. Ainsi le questionnement ne nous sert pas à établir une anamnèse, mais nous considérons tout ce que le patient peut spontanément nous dire concernant, par exemple, son passé, ses antécédents, son histoire personnelle et familiale à la lumière de notre « grille » de problématisation et d’intervention, et nous posons des questions stratégiques. Notre question d’ouverture, grosso modo, est : « Quel est le problème qui vous amène chez moi aujourd’hui ? » Puis nous cherchons à savoir depuis quand, comment il se manifeste, avec qui, s’il y a des exceptions, et nous explorons tous les aspects mentionnés au premier paragraphe de ce texte. Nous posons donc des questions ouvertes ou fermées afin de mettre en lumière le fonctionnement du problème. La séance se déroule sur le mode du dialogue ; après que le patient a répondu à quelques questions et avant d’en poser d’autres, nous reformulons pour nous assurer que nous avons bien compris, ce qui permet au patient de nous corriger si ce n’est pas le cas, ou alors, si ça l’est, d’avoir l’occasion d’entendre et de se représenter, bout par bout, les différentes dynamiques à l’oeuvre dans son problème.
Cette représentation ou perception est déjà le début de la résolution, car une fois que nous voyons ou que nous sentons comme notre problème fonctionne, notre esprit s’ouvre à de nouvelles possibilités : celles de faire autrement. Ce qui se passe dans cette ouverture est, pour commencer, davantage un « sentir » qu’une prise de conscience intellectuelle. Je me permets d’ajouter ici une évidence : toute ouverture n’est possible que dans un contexte relationnel de qualité. Ce n’est pas parce que l’on fait de la thérapie stratégique que la relation ne compte pas – bien au contraire. C’est grâce à la qualité de la relation et de la communication et à un questionnement stratégique pertinent que l’on accède aux informations nécessaires pour mettre en place une bonne stratégie. Ces trois aspects se soutiennent mutuellement. La communication employée dans le questionnement ou dialogue stratégique tient compte des particularités de la personne et de son problème. Au service de la relation thérapeutique et de l’efficacité et de l’efficience du processus thérapeutique, la communication verbale, paraverbale et non verbale est d’une grande importance. La personne qui consulte doit se sentir écoutée, comprise et rejointe afin de pouvoir accéder en elle-même aux réponses aux questions posées par le thérapeute.
Les compétences communicationnelles s’appliquent naturellement lors du questionnement et, pour reprendre les mots de Milton Erickson, « on parle le langage du patient ». Si nécessaire, les questions cruciales peuvent être posées sur un mode hypnotique pour renforcer leur impact thérapeutique. Le questionnement et la stratégie : la stratégie employée pour résoudre le problème doit épouser le fonctionnement du problème, d’où l’importance de l’avoir bien compris. Techniquement, pour construire une résolution véritable et durable, il faut faire opérer à la personne qui consulte un 180 degrés par rapport à ses tentatives de solution problématiques, ce qui, on le devine, n’est parfois pas une mince affaire. Cela peut nécessiter de la patience et un certain doigté. En effet, nul ne fait exprès de se comporter d’une manière qui l’aggrave, ou d’entretenir des pensées qui vont finir par alimenter sa souffrance.
Dit autrement, l’investigation ou questionnement stratégique doit pouvoir mettre au jour des redondances, lesquelles correspondent à une limitation des possibilités de répondre à certaines situations, ce qui génère de la souffrance. Sur la base de la connaissance qui émergera et qui sera au fur et à mesure partagée avec le patient, nous pourrons donner des indications thérapeutiques visant à l’amener à changer les réactions qui alimentaient les perceptions problématiques, et à modifier les perceptions qui sous-tendaient ces réactions, créant ainsi de nouvelles possibilités – de nouvelles redondances – plus satisfaisantes pour lui, autrement dit des solutions qui fonctionnent.
Le questionnement ou dialogue stratégique permet de mettre en lumière des particularités qui vont faire une grande différence au niveau de l’efficacité du processus de résolution du problème, et par conséquent de l’optimisme thérapeutique. La finesse du questionnement est déterminée par l’expérience du thérapeute. Illustration : une jeune fille de 16 ans consulte pour ce qu’elle et sa mère appellent des « attaques de panique », des « crises d’angoisse » et « beaucoup de stress ». Ne parvenant plus à aller en cours, elle a été déscolarisée dès le deuxième mois de l’année scolaire, et nous sommes en mai. Elle a perdu une année et va devoir redoubler à la rentrée prochaine. Le questionnement stratégique révèle que c’est une phobie de vomir qui déclenche ces moments de grand malêtre (même si elle n’a jamais vomi en public), un contrôle de ce qu’elle mange (pour éviter d’avoir mal au ventre et éventuellement de vomir) et de ses sensations physiques (elle voudrait évidemment éviter de se sentir mal) ; elle a un comportement d’évitement qui s’est généralisé (au moment où nous la voyons, elle du mal à sortir de chez elle pour voir des amis) et toute une série de pensées catastrophiques qui s’activent dès qu’elle doit faire quelque chose, et même désormais lorsqu’elle reste dans sa chambre.
Ce qu’elle-même et son entourage ont tenté jusqu’à présent n’a pas fonctionné ; de sa part : respirer, penser positif, chercher à se détendre ou se distraire ; de la part de ses proches : protéger, rassurer, encourager, exhorter... Autant d’éléments que le thérapeute doit avoir identifiés afin de ne pas les conseiller ! En poursuivant le dialogue stratégique, il apparaît qu’en plus d’éviter les situations, la patiente a d’autres tentatives de solution : elle prend de nombreuses précautions ; par exemple, elle doit toujours avoir certains objets dans son sac « au cas où », comme son téléphone, sa vapoteuse, une bouteille d’eau et des anxiolytiques qu’elle consomme au besoin ; elle ne reste jamais plus de vingt minutes dans une voiture ; son apparence doit toujours être impeccable pour « éviter des stress supplémentaires » – on comprend ainsi que dans l’espoir de se rassurer elle tente non seulement de contrôler ses propres sensations, mais aussi la perception que les autres (pense-t-elle) pourraient avoir d’elle. Et quand le stress est trop intense, elle se gratte jusqu’au sang (scarification) pour se distraire et tenter de le faire baisser – mais le soulagement dure peu. Elle dispose également d’un fort système de soutien, avec une maman très disponible pour l’aider, la conduire, la ramener en voiture, etc., dès qu’elle ne se sent pas bien.
En nous intéressant à ses pensées catastrophiques et en posant des questions discriminantes, nous comprenons qu’elle ne redoute pas que les choses se passent mal, mais plutôt qu’elle est convaincue que les désastres qu’elle projette vont bien avoir lieu ; une distinction qui va nous permettre de proposer tout de suite une indication thérapeutique ciblée (questionnée en début de deuxième séance, la patiente répondra qu’en effet les catastrophes projetées ne se sont jamais réellement produites et que le fait de le reconnaître lui a procuré un soulagement... maintenant, elle a « juste très peur » que les malheurs arrivent, ce qui justifiera le recours à une prescription différente).
Toutes ces informations ont été recueillies dans la première demi-heure de cette première rencontre au cours de ce que l’on pourrait appeler « une agréable conversation », qui n’a rien à voir avec un interrogatoire, et qui comporte aussi nombre de reformulations et de recadrages. La patiente – elle le dira spontanément à la fin de la séance – a l’impression que l’on s’intéresse vraiment à elle et, bien qu’elle avoue s’être sentie au début stressée de devoir parler de ce qui la fait souffrir, se trouve plutôt soulagée à l’issue du rendez- vous. Ces déclarations nous éclairent elles aussi sur le fonctionnement du problème.
On recourt bien évidemment au questionnement stratégique à toutes les étapes du processus thérapeutique. Et ceci notamment pour comprendre comment le patient a vécu le temps écoulé entre les rendez-vous, ce qui s’est passé pour lui lorsqu’il a appliqué les consignes thérapeutiques qui lui ont été données à la fin de la séance précédente, et comment il perçoit sa situation à l’instant T. Lorsque les choses fonctionnent, le questionnement éclaire la résolution du problème. Quand ce que l’on a mis en place n’a pas produit les résultats escomptés, le questionnement stratégique doit être réinitialisé.
Le questionnement ou dialogue stratégique inclut le patient dans le processus et renforce la qualité de la relation thérapeutique. Il est très rassurant pour une personne qui, souvent, n’en est pas à sa première tentative thérapeutique, de sentir que le thérapeute n’a pas peur de s’intéresser de près à son problème, aussi sévère ou embarrassant soit-il, et sait poser les bonnes questions. Il est aussi très soulageant pour elle de remarquer que ses réponses sont prises en compte et qu’elle-même devient partie prenante du processus. N’oublions jamais que le spécialiste du problème, c’est ...
Pour lire la suite du Hors-Série 20 de la Revue Hypnose et Thérapies Brèves sur les Questionnements Thérapeutiques....
Nathalie Koralnik
Enseigne l’approche systémique et stratégique brève et l’hypnose ericksonienne à l’Institut Gregory Bateson (IGB). Elle consulte en cabinet privé dans la région lyonnaise en français, anglais et italien, et supervise des équipes socio-éducatives dans sa région. Egalement traductrice et interprète, elle traduit des séminaires et des ouvrages dans ses domaines de compétence.
Pour lire la suite du Hors-Série 20 de la Revue Hypnose et Thérapies Brèves. HS20 sur les Questionnements Thérapeutiques.
06 / Éditorial Le questionnement thérapeutique Favoriser le processus de créativité et faire émerger de nouvelles histoires J. Betbèze
08 / Avant-propos Le questionnement, outil de relation et de coopération W. Martineau
10 / En couverture Adrien Nuguet Le Tarot de la danse S. Cohen
12 / Questionnement stratégique J.-A. Malarewicz
22 / Sur le chemin du pardon Stratégies pour faire la paix avec le passé R. Milanese
34 / Comment pourriez-vous aller plus mal ? Une question paradoxale dans la dépression pour « regonfler les pneus et reprendre la route » P. Jeanne-Julien
44 / Le questionnement stratégique de Palo Alto N. Koralnik
56 / Le questionnement dans le modèle de Bruges M.-C. Cabié
66 / « Il nous faudrait un miracle » Spécificités du questionnement narratif dans la question miracle E. Malphettes
78 / Percevoir les ressources, malgré tout, en orientation solutions A. Zeman
93 / Que ressentez-vous maintenant dans le corps ? « Viens, j’t’emmène au vent… » L. Fodorean et C. Gentric
104 / Questionner un lombalgique chronique D. Megglé
114 / Le questionnement en TLMR De l’art de questionner à la transformation des mondes traumatiques E. Bardot
122 / Le questionnement narratif en alcoologie Quand l’histoire compte autant que la boisson G. Ostermann
138 / Quelles sont les questions pouvant guider une séance de mouvements alternatifs ? W. Martineau
Illustrations du numéro: Adrien NUGUET
08 / Avant-propos Le questionnement, outil de relation et de coopération W. Martineau
10 / En couverture Adrien Nuguet Le Tarot de la danse S. Cohen
12 / Questionnement stratégique J.-A. Malarewicz
22 / Sur le chemin du pardon Stratégies pour faire la paix avec le passé R. Milanese
34 / Comment pourriez-vous aller plus mal ? Une question paradoxale dans la dépression pour « regonfler les pneus et reprendre la route » P. Jeanne-Julien
44 / Le questionnement stratégique de Palo Alto N. Koralnik
56 / Le questionnement dans le modèle de Bruges M.-C. Cabié
66 / « Il nous faudrait un miracle » Spécificités du questionnement narratif dans la question miracle E. Malphettes
78 / Percevoir les ressources, malgré tout, en orientation solutions A. Zeman
93 / Que ressentez-vous maintenant dans le corps ? « Viens, j’t’emmène au vent… » L. Fodorean et C. Gentric
104 / Questionner un lombalgique chronique D. Megglé
114 / Le questionnement en TLMR De l’art de questionner à la transformation des mondes traumatiques E. Bardot
122 / Le questionnement narratif en alcoologie Quand l’histoire compte autant que la boisson G. Ostermann
138 / Quelles sont les questions pouvant guider une séance de mouvements alternatifs ? W. Martineau
Illustrations du numéro: Adrien NUGUET







