Le langage est au centre de la thérapie, langage du corps parfois, mais langage verbal encore plus souvent. Et le questionnement en est la cheville ouvrière, qui par sa forme imprime ou non la coopération entre le consultant et le thérapeute, cette fameuse alliance si délicate à mettre en place.
En thérapie, nous sommes loin d’un questionnement clinique dans lequel les interventions sont centrées sur le thérapeute pour éclairer ses connaissances. Non, le questionnement est centré sur l’expérience du patient, sur son savoir pour lui révéler ce qu’il ignore de lui-même, comme si la question pouvait être un outil révélateur au même titre qu’un produit photographique permet le développement du film et son tirage. Mais s’il se limitait à cela, il n’ouvrirait pas l’avenir. Outil de relation et de coopération, s’il est bien utilisé par le thérapeute, il permet un engagement réciproque et la découverte de l’implicite dans les mots comme dans les actions qui sous-tendent d’une certaine manière l’identité du sujet et sans doute d’entrevoir ses projections du futur. Les articles de ce numéro spécial, sous des formes diverses, viennent nous éclairer sur la façon dont le questionnement peut opérer dans un large éventail de possibilités qui vont de l’hypnose thérapeutique en passant par les principaux courants de thérapie brève.
Jacques-Antoine Malarewicz vient nous parler de stratégie dans la relation thérapeutique familiale en insistant sur la circularité et la triangulation, fondements de l’approche systémique. Il rejoint en les nuançant les approches stratégiques très structurées développées dans les mouvements de Palo Alto et d’Arezzo, parfaitement illustrées dans les articles de Roberta Milanese, Pierre Jeanne-Julien et Nathalie Koralnik. Il s’agit toujours, par l’usage du paradoxe, de l’image forte, de la question provocatrice de créer un décalage propre à engendrer une émotion qui fera « bouger les lignes » en vue d’opérer le changement attendu. Le recadrage est là !
Les approches centrées compétences ou solutions sont bien développées dans des articles cliniques très complémentaires. Marie-Christine Cabié fait une présentation extrêmement claire de l’approche centrée solutions.
Emmanuel Malphettes nous fait entrer dans le monde de l’autre par la « question miracle » et invite à tisser autour du miracle une toile de questions qui enrichit la vision du patient, tandis qu’Arnaud Zeman nous laisse entrevoir comment passer de l’espace problème dans lequel est englué le sujet vers l’espace solution.
Catherine Gentric-Vallée et Liliana Fodorean font une présentation très vivante à deux voix de l’hypnose d’acceptation, développée par Alain Vallée, par des vignettes cliniques qui mettent en valeur la subtilité du questionnement centré sur les sensations corporelles et leur écho émotionnel.
Dans un registre différent, Dominique Megglé nous enseigne, grâce à des explications lumineuses, la manière de mener un entretien et de passer d’un questionnement clinique à un questionnement thérapeutique hypnotique au cours d’une « simple » conversation.
Éric Bardot nous évoque la singularité du questionnement en TLMR en insistant sur la qualité de la rencontre par un accordage et une synchronisation qui permettent de suivre le patient pas à pas vers un engagement réciproque en confiance pour favoriser l’émergence d’une expérience nouvelle.
Enfin, Gérard Ostermann nous fait vivre l’intensité du questionnement narratif, dans l’approche thérapeutique d’un trouble addictif, qui vient interroger, au-delà de l’objectif, le sens que souhaite suivre le sujet dans sa vie pour que les actions soient au plus près de ses intentions. Ce questionnement si subtil permet au sujet, malgré les aléas de l’évolution, de prendre de la distance vis-à-vis d’un produit rentré par effraction au coeur de son existence.
En thérapie, nous sommes loin d’un questionnement clinique dans lequel les interventions sont centrées sur le thérapeute pour éclairer ses connaissances. Non, le questionnement est centré sur l’expérience du patient, sur son savoir pour lui révéler ce qu’il ignore de lui-même, comme si la question pouvait être un outil révélateur au même titre qu’un produit photographique permet le développement du film et son tirage. Mais s’il se limitait à cela, il n’ouvrirait pas l’avenir. Outil de relation et de coopération, s’il est bien utilisé par le thérapeute, il permet un engagement réciproque et la découverte de l’implicite dans les mots comme dans les actions qui sous-tendent d’une certaine manière l’identité du sujet et sans doute d’entrevoir ses projections du futur. Les articles de ce numéro spécial, sous des formes diverses, viennent nous éclairer sur la façon dont le questionnement peut opérer dans un large éventail de possibilités qui vont de l’hypnose thérapeutique en passant par les principaux courants de thérapie brève.
Jacques-Antoine Malarewicz vient nous parler de stratégie dans la relation thérapeutique familiale en insistant sur la circularité et la triangulation, fondements de l’approche systémique. Il rejoint en les nuançant les approches stratégiques très structurées développées dans les mouvements de Palo Alto et d’Arezzo, parfaitement illustrées dans les articles de Roberta Milanese, Pierre Jeanne-Julien et Nathalie Koralnik. Il s’agit toujours, par l’usage du paradoxe, de l’image forte, de la question provocatrice de créer un décalage propre à engendrer une émotion qui fera « bouger les lignes » en vue d’opérer le changement attendu. Le recadrage est là !
Les approches centrées compétences ou solutions sont bien développées dans des articles cliniques très complémentaires. Marie-Christine Cabié fait une présentation extrêmement claire de l’approche centrée solutions.
Emmanuel Malphettes nous fait entrer dans le monde de l’autre par la « question miracle » et invite à tisser autour du miracle une toile de questions qui enrichit la vision du patient, tandis qu’Arnaud Zeman nous laisse entrevoir comment passer de l’espace problème dans lequel est englué le sujet vers l’espace solution.
Catherine Gentric-Vallée et Liliana Fodorean font une présentation très vivante à deux voix de l’hypnose d’acceptation, développée par Alain Vallée, par des vignettes cliniques qui mettent en valeur la subtilité du questionnement centré sur les sensations corporelles et leur écho émotionnel.
Dans un registre différent, Dominique Megglé nous enseigne, grâce à des explications lumineuses, la manière de mener un entretien et de passer d’un questionnement clinique à un questionnement thérapeutique hypnotique au cours d’une « simple » conversation.
Éric Bardot nous évoque la singularité du questionnement en TLMR en insistant sur la qualité de la rencontre par un accordage et une synchronisation qui permettent de suivre le patient pas à pas vers un engagement réciproque en confiance pour favoriser l’émergence d’une expérience nouvelle.
Enfin, Gérard Ostermann nous fait vivre l’intensité du questionnement narratif, dans l’approche thérapeutique d’un trouble addictif, qui vient interroger, au-delà de l’objectif, le sens que souhaite suivre le sujet dans sa vie pour que les actions soient au plus près de ses intentions. Ce questionnement si subtil permet au sujet, malgré les aléas de l’évolution, de prendre de la distance vis-à-vis d’un produit rentré par effraction au coeur de son existence.
06 / Éditorial Le questionnement thérapeutique Favoriser le processus de créativité et faire émerger de nouvelles histoires J. Betbèze
08 / Avant-propos Le questionnement, outil de relation et de coopération W. Martineau
10 / En couverture Adrien Nuguet Le Tarot de la danse S. Cohen
12 / Questionnement stratégique J.-A. Malarewicz
22 / Sur le chemin du pardon Stratégies pour faire la paix avec le passé R. Milanese
34 / Comment pourriez-vous aller plus mal ? Une question paradoxale dans la dépression pour « regonfler les pneus et reprendre la route » P. Jeanne-Julien
44 / Le questionnement stratégique de Palo Alto N. Koralnik
56 / Le questionnement dans le modèle de Bruges M.-C. Cabié
66 / « Il nous faudrait un miracle » Spécificités du questionnement narratif dans la question miracle E. Malphettes
78 / Percevoir les ressources, malgré tout, en orientation solutions A. Zeman
93 / Que ressentez-vous maintenant dans le corps ? « Viens, j’t’emmène au vent… » L. Fodorean et C. Gentric
104 / Questionner un lombalgique chronique D. Megglé
114 / Le questionnement en TLMR De l’art de questionner à la transformation des mondes traumatiques E. Bardot
122 / Le questionnement narratif en alcoologie Quand l’histoire compte autant que la boisson G. Ostermann
138 / Quelles sont les questions pouvant guider une séance de mouvements alternatifs ? W. Martineau
Illustrations du numéro: Adrien NUGUET
08 / Avant-propos Le questionnement, outil de relation et de coopération W. Martineau
10 / En couverture Adrien Nuguet Le Tarot de la danse S. Cohen
12 / Questionnement stratégique J.-A. Malarewicz
22 / Sur le chemin du pardon Stratégies pour faire la paix avec le passé R. Milanese
34 / Comment pourriez-vous aller plus mal ? Une question paradoxale dans la dépression pour « regonfler les pneus et reprendre la route » P. Jeanne-Julien
44 / Le questionnement stratégique de Palo Alto N. Koralnik
56 / Le questionnement dans le modèle de Bruges M.-C. Cabié
66 / « Il nous faudrait un miracle » Spécificités du questionnement narratif dans la question miracle E. Malphettes
78 / Percevoir les ressources, malgré tout, en orientation solutions A. Zeman
93 / Que ressentez-vous maintenant dans le corps ? « Viens, j’t’emmène au vent… » L. Fodorean et C. Gentric
104 / Questionner un lombalgique chronique D. Megglé
114 / Le questionnement en TLMR De l’art de questionner à la transformation des mondes traumatiques E. Bardot
122 / Le questionnement narratif en alcoologie Quand l’histoire compte autant que la boisson G. Ostermann
138 / Quelles sont les questions pouvant guider une séance de mouvements alternatifs ? W. Martineau
Illustrations du numéro: Adrien NUGUET







