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L’addiction est-elle irrationnelle ? De paradoxes en transformation par l'imaginaire.


Les problèmes que peuvent rencontrer les hommes au cours de leur vie se résolvent lorsqu’ils trouvent une manière de vivre d’où le problème a disparu.

JEAN-CURT KELLER Docteur en philosophie et conseiller, il aide des personnes à la résolution de leurs problèmes. Acteur, il a joué récemment dans Les larmes d’OEdipe de Wajdi Mouawad et Le roi du bois de Pierre Michon. Auteur, il a écrit Le paradoxe dans la communication et La méthode thérapeutique de Palo Alto. A paraître : Intersubjectivité. Point commun à ces activités : l’humain.



Cette pensée est de Wittgenstein. Les outils et instruments dont disposent les thérapeutes reposent sur des théories concurrentes. Ceux qui s’intéressent à l’activité de l’homme et qui considèrent, comme Richard Fisch, qu’un problème humain est quelque chose qui est fait, pensent que ces théories sont à examiner du point de vue de la philosophie de l’action. Dans cette branche de la philosophie, on traite de sujets comme ceux de la nature de l’action humaine, de l’intentionnalité de l’action, de la nature de la relation entre une raison d’agir et une action, ainsi que de la question de savoir si les raisons d’agir sont les causes de l’action. Ceux qui répondent oui à cette question sont en faveur de la théorie causale de l’action. D’autres pensent que cette théorie n’est pas applicable à l’action intentionnelle, car toute action intentionnelle a au moins une raison et jamais une cause.

L’addiction est concernée par cette question puisqu’elle soulève le problème de savoir pourquoi une personne qui souhaiterait mettre fin à une activité à laquelle elle se livre, activité par elle considérée comme indésirable, ne parvient pas à le faire. C’est pourquoi il est suggéré d’examiner les paradoxes de l’irrationalité comme support à cette courte réflexion sur l’addiction. Entre 1982 et 1985, Donald Davidson écrivit quatre articles sur la rationalite dans le but de clarifier cette notion. Il s’intéressa notamment à la structure des raisonnements et aux mécanismes qui rendent possibles les faiblesses de la rationalité.

Le premier de ces paradoxes est celui qui nous intéresse. Un homme juge préférable d’accomplir une action mais accomplit intentionnellement une autre action. Davidson, à l’instar d’Aristote, qualifie ces comportements d’acratiques. Il donne d’akrasia la définition formelle suivante : En faisant x un agent agit de manière akratique si et seulement si : a) l’agent fait x intentionnellement ; b) l’agent croit qu’il y a une autre action possible y ; c) l’agent juge que, tout bien considéré, il serait meilleur de faire y que de faire x.

Cela apparaît à Davidson comme irrationnel et paradoxal, lui semble mettre en question la cohérence de l’esprit humain et la théorie causale de l’action. L’action contraire au meilleur jugement est intentionnelle et libre. Elle a deux conditions : elle diverge de ce que la personne juge raisonnable de faire et est accomplie librement et délibérément.

Examinons la notion de comportement acratique. Acratique vient du grec akrasia qui désigne l’absence de contrôle et qui équivaut à incohérent ou incontinent. Davidson emploie ainsi le terme akrasia avec deux significations. La première est une description de l’opposition apparente entre ce qu’une personne se dit de faire et ce qu’elle dit préférer faire. La seconde signification est une explication du phénomène décrit : un homme fait cela parce qu’il manifeste une absence de contrôle ou, comme le croit Aristote, une faiblesse de la volonté. Remarquons que ce n’est pas le comportement qui peut être irrationnel. Un comportement se produit, se montre et ne dit rien (sauf s’il est symbolique).

Ce qui peut être irrationnel, c’est l’injonction de se comporter ou le discours sur le comportement. Deux évaluations du comportement peuvent se trouver en contradiction. Toute contradiction n’apparaît ainsi que dans le langage. La contradiction est la relation entre deux termes ou deux propositions qui affirment et nient le même élément de con - naissance.

Lorsqu’un sujet fait x intentionnellement, il s’enjoint de le faire (par définition). Dans l’expression formelle de l’akrasia, la contradiction réside donc dans : - le sujet se dit qu’il serait meilleur de faire y que de faire x ; - le sujet fait x intentionnellement (donc se dit de le faire). Apparaît alors une première difficulté. Lorsque, avec Aristote, on définit l’akrasia comme une faiblesse de la volonté ou une perte de contrôle, on se réfère implicitement à une sorte de théorie qui serait celle de l’absence de contrôle.

On théorise alors sans indiquer explicitement à quel système d’idées sur l’homme on se réfère, sans préciser comment, dans ce système, on définit les notions de contrôle, de faiblesse et de volonté, ni ce qu’il s’agit de contrôler, soi-même, les actes, la situation, les paroles, les rapports entre eux. La supposée faiblesse de la volonté n’est alors qu’une métaphore. Deuxième difficulté : le paradoxe. Toute antinomie ou paradoxe véritable se constitue d’un énoncé autoréférentiel qui englobe son contraire et génère la contradiction. L’énoncé décrivant l’action acratique s’écrit : le sujet se dit qu’il serait meilleur de faire y que de faire x et se dit de faire x. Cet énoncé ne présente aucune structure paradoxale, ne se réfère pas à lui-même, n’englobe pas son contraire.

On n’y trouve ni autoréférence, ni cercle vicieux né de la supposition qu’une collection d’objets peut contenir des membres qui ne peuvent être définis que par le moyen de la collection tout entière, ni confusion entre la syntaxe des propositions et la signification des signes, ni confusion entre une classe d’objets et un objet de cette classe, ni fonction d’une variable qui présuppose cette fonction.

Le premier paradoxe de l’irrationalité n’est pas un paradoxe. Dès lors, comment répondre à la question : Pourquoi un homme qui juge préférable d’agir s’enjoint d’agir autrement ? C’est le moment de faire le lien entre akrasia et addiction. Le nom addiction est d’origine latine, ad-dicere, « dire à ». Dans la civilisation romaine, les esclaves n’avaient pas de nom propre et étaient dits à leur pater familias....










Rédigé le 13/05/2020 à 10:02 | Lu 95 fois | 0 commentaire(s) modifié le 17/05/2020





Marion CHERVY
Rédactrice en Chef de la Revue Hypnose et Thérapies Brèves Web. Chargée de Communication au sein... En savoir plus sur cet auteur

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