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Du traumatisme à l’addiction: Bonne question, mauvaise réponse.


« J’adore fumer, j’aime cela tant et si bien que j’aurais du mal à envisager la vie autrement, il y aurait un manque, un vide. » C’est le plaisir généré par l’action de fumer qui engendre ici la dépendance au tabac.



C’est donc la répétition qui génère l’addiction. A contrario, si je dis : « J’adore lire, écrire, jouer ou écouter de la musique, faire du sport… », le plaisir engendré ici sera alors valorisé et entendu cette fois-ci positivement. Elles seront valorisées et facilement qualifiées de passions. En quoi l’une se distingue-t-elle des autres ? Comment peut-on les différencier ? Il apparaît donc clairement que c’est le jugement moral qui va déterminer positivement ou négativement le vécu de l’affect.

Dans tous les cas, il y a pour celui qui les vit une perte d’autonomie, de sa faculté de choisir pour sombrer dans la contrainte du subir. En effet, chacun de nous cherche à justifier ses comportements en affirmant, souvent haut et fort, que c’est son choix. Cependant, la notion de choix implique de pouvoir faire ou de ne pas faire. C’est pourquoi, lorsque la dépendance est ancrée, le choix disparaît. Celui-ci relevant alors d’une impossibilité.


Comment le mécanisme se met-il en place ?

Pourquoi un individu doué de raison est-il capable d’avoir des conduites répétitives addictives dont certaines sont particulièrement autodestructrices sans pouvoir agir pour les interrompre ? Comment le mécanisme se met-il en place ? Les premières consommations débutent à la puberté dans ces moments troubles où la confiance en soi est vacil - lante, le besoin d’appartenance et de conformité au groupe revêt un aspect important. Certaines substances vont avoir un rôle désinhibiteur comme l’alcool ou les drogues légères comme le cannabis. Elles vont alors appa raître comme une aide précieuse pour dépasser certains blocages. Cependant, lorsque le comportement revêt un caractère permanent, force est de s’interroger sur ce qui peut en être la source.

Le traumatisme, source de l’addiction ?

L’addiction se caractérise par la répétition d’un geste dont le but est de soulager une tension interne : peurs, angoisses, par exemple, tirer frénétiquement sur une cigarette ou pousser sur le bouton de jeu d’une machine à sous. Par conséquent, lorsque le geste est exécuté et la finalité atteinte, l’arrêt devrait naturellement se substituer au mouvement.

Mais dans le comportement addictif, le temps de latence est variable, d’où la nécessité impérieuse de la répétition à laquelle le sujet ne peut échapper. Par comparaison, regardons ce qui caractérise le trauma. Le traumatisme est un événement qui, par sa soudaineté, engendre l’absence de sens chez celui qui vit un phénomène de stupeur, de sidération.

Autrement dit un sentiment d’arrêt. On parle volontiers à ce propos d’un « arrêt sur image », tant reste présente une perception « photographique » d’une partie de l’événement, extrêmement réaliste, précise et figée. Dans ce contexte, une partie émotionnelle de soi se trouve ainsi anéantie, arrêtée. La vie reprend naturellement son cours, sans que, pour autant, le sujet soit conscient qu’une part de lui-même est restée figée, arrêtée, sans vie.

Dès lors, sans faire nécessairement le lien avec un événement identifié – traumatisme ou microtraumatisme – le sujet stagne dans une vie arrêtée vis-à-vis de laquelle il ressent un sentiment profond d’impuissance. La bonne question Face à ce sentiment délétère, générateur d’un inconfort certain, voire d’angoisse, de crises de panique, de phobies, de manque de confiance en soi, se pose légitimement la question d’un possible soulagement. Ce dernier nous apparaît souvent après coup par le biais de l’expérimentation. « Je me sens mieux lorsque j’ai bu un verre. » « J’ai le sentiment d’être mieux intégré, d’avoir un sentiment d’appartenance, d’être comme les autres, d’être moins timide, plus sur de moi. » Ici, l’effet désinhibiteur est valorisé par la répétition : « Je me trouvais nul et j’avais du mal à aller vers les filles.

Un jour, j’ai bu dans une soirée et une fille s’est intéressée à moi. J’ai pensé que quand je buvais, je devenais intéressant », me confie cet alcoolique abstinent depuis cinq ans toujours en proie à ses vieux démons. « J’ai envie et besoin d’être ainsi le plus souvent, alors je commence à faire les choses (boire, fumer, jouer, manger…) quotidiennement, et même plusieurs fois par jour et, progressivement, plusieurs fois tous les jours. » C’est donc de la possibilité de la réitération et du bien-être ressenti que va naître l’ad - diction. Et même si, au fil du temps, l’effet est moins évident, les doses augmentant de facto, l’arrêt devenant inenvisageable.

En effet, le soulagement recherché serait perdu même si la réponse apportée va montrer ses limites. Bonne question, mauvaise réponse ! Du traumatisme à l’addiction Si l’on admet que le traumatisme se caractérise par un arrêt toujours psychique et émotionnel, cela revient à dire qu’une partie du traumatisé a arrêté de vivre, est donc morte. Comment vivre dans ces conditions ? Peut-on vivre à demi ? C’est pourquoi il devient indispensable de trouver la solution, pour être pleinement vivant ou mort. Car le signe de la vie, c’est le mouvement. Ne dit-on pas « il bouge encore » pour notifier le signe absolu de la vie ? Aussi est-il indispensable d’agir consciemment ou non pour sortir de l’immobilisme et de l’impuissance.

Le but sera de remettre du mouvement pour soulager la tension présente. Alors on fume, on boit, on joue, on achète, on mange, on vomit, etc. Cependant la cause de l’arrêt reste, comme dans tout traumatisme, un passé resté présent, d’où la nécessité impérieuse de réitérer le mouvement porteur de soulagement, en offrant du même coup l’illusion du dépassement. Le comportement addictif nous met ainsi dans la position de l’écureuil dans sa cage, pensant avancer dans sa roue, alors qu’il ne fait que s’en donner l’illusion. Force est de constater qu’ici le mouvement n’est plus endogène. En effet, il se crée artificiellement selon la situation : un verre, on le boit ; les gâteaux, on les mange ; la cigarette, on la fume ; le rouleau de la machine à sous nous hypnotise…

Détecter le traumatisme

Cette analyse défendra la thèse suivante : la dépendance addictive peut être une conséquence du traumatisme. Dans cette perspective apparaît clairement la nécessité de détecter et traiter le ou les événements traumatiques. Ce traitement peut être source de soulagement et diminuer angoisses, crises de panique, phobies, manque de confiance en soi et autres inconforts. Car, libéré de ses tensions, le comportement addictif perd sa raison d’être.

Mais ne nous y trompons pas, les traumatismes à la source des addictions se situent majoritairement dans le registre émotionnel. Ce sont souvent des microtraumatismes. Ils résultent fréquemment d’un lien insécure à la mère, d’un sentiment de rejet et de dévalorisation de l’image de soi. Du fait de leur fréquence et de leur banalisation par le sujet lui-même, ils sont passés sous silence. D’où la difficulté à les détecter. Pourtant, lorsqu’ils sont identifiés, ils correspondent bien à une charge émotionnelle importante.

La difficulté pour le thérapeute est de les débusquer et pour le sujet en souffrance, d’accepter que ce qu’il considérait comme anecdotique soit en fait le vrai caillou dans la chaussure qui empêche d’avancer. Le sentiment d’impuissance né de ces vécus se manifeste par un besoin vital : le mouvement. Pour que le mouvement soit, il lui faut un but. Fumer, boire, jouer, acheter, chacun trouve le sien ou les siens en fonction du soulagement induit.

Quelquefois, ce mouvement peut se compléter de manière inconsciente par un désir d’autodestruction, d’une colère non exprimée vis-à-vis des bonnes cibles, des cibles racines2 comme je les ai nommées précédemment, retournées contre soi. La réponse à l’impuissance est toujours le mouvement sous toutes ses formes. Car un mouvement interrompu restera toujours présent à l’esprit : c’est ce qu’on appelle l’effet Zeigarnik. C’est-à-dire donner une première idée de la charge de tension que cela implique à la fois physiquement et psychiquement.

Traiter le traumatisme

Recenser le ou les traumatismes est donc une première étape. Exposée aux sujets dans le contexte que nous venons de décrire suscite non seulement leur intérêt, mais aussi leur adhésion. Ils sont parfois surpris par cette approche, à laquelle ils n’avaient jamais songé, celle-ci se révélant être paradoxalement à la fois une révélation et une évidence. Il est parfois difficile de reconnaître que cette mère que l’on vient de décrire comme étant parfaite, dotée de toutes les qualités, ait pu faire naître en nous un sentiment d’abandon, de rejet, de colère non exprimée.

Que de douleurs à reconnaître et accepter ! Et pourtant, cela reste difficile à contester, tant l’émotion correspondante est bien présente à l’évocation des faits et des situations. Constater intellectuellement, décrire, expliquer ne résout pas tout. J’ai pour habitude de dire que savoir un tuyau percé ne l’a jamais réparé. Force est alors de s’interroger sur l’action qui peut être conduite pour sortir de l’impasse, de l’impuissance et devenir enfin l’acteur de sa vie. Un appel aux stoïciens et en particulier à Epictète va nous y aider. Il nous conseille de « changer nos représentations plutôt que l’ordre du monde ». Ce qui revient à prendre en compte et à accepter les faits en modifiant la représentation que l’on en a pour en ôter la toxicité. Il faut donc accepter de quitter une réalité malheureuse pour en construire une autre afin de sortir de l’impuissance induite par le traumatisme et de réaccéder au pouvoir libérateur de l’action.

L’hypnose
Francine Shapiro, à l’origine de la technique EMDR, affirme que le traumatisme relève d’une information intégrée sur un mode dysfonctionnel.

CORINNE VAN LOEY Psychologue diplômée de l’Ecole de psychologues praticiens de Paris, titulaire d’un DU d’Hypnose et de Victimologie et d’une formation à l’EMDR. Depuis vingt ans, elle travaille essentiellement sur le traitement des traumatismes. Elle est l’auteure d’une dizaine d’ouvrages sur l’hypnose, l’EMDR, le viol, mais aussi les dépendances.




Rédigé le 17/05/2020 à 22:35 | Lu 346 fois | 0 commentaire(s) modifié le 17/05/2020





Laurent Gross
Florent HAMON. Hypnothérapeute, Praticien EMDR, Infirmier anesthésiste à Paris. Chargé de Formation... En savoir plus sur cet auteur

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