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Sevrage alcoolique « Pris par différents côtés »


Sophie Cohen. Jean-Marc me téléphone de la part d’une consoeur. Il ne me fait pas part de son problème d’alcool



Je refuse toujours ces demandes car il me semble qu’en qualité de psychologues en cabinet libéral, nous ne sommes pas armés pour accompagner les sevrages alcooliques. En effet, il m’apparaît essentiel que cette dépendance s’accompagne d’un suivi médical pour tous les aspects physiques liés au sevrage. Si l’anxiété et les insomnies peuvent être accompagnées par l’hypnose, les sueurs, les tremblements, la confusion, les convulsions, les hallucinations qui peuvent apparaître à l’arrêt des produits dans certains cas doivent être traités par des médecins ou des équipes dédiées. Jean-Marc, âgé de 55 ans, évoque des problèmes de couple, de travail, d’alcool.

La consommation de Jean Marc est cachée et journalière : environ cinq bières par jour et une bouteille de vin. C’est sa soeur qui a évoqué à Jean-Marc l’idée de l’hypnose. Elle-même avait eu de bons résultats avec une collègue à Lyon. Jean-Marc vit cette possibilité comme un « dernier recours ». Il a, me dit-il, « subi » deux cures avec hospitalisation, séparé de sa famille, sans résultats. Lors du premier rendez-vous, on parle des objectifs.

Jean-Marc veut un arrêt partiel de l’alcool. Lors du deuxième, Jean-Marc arrive après avoir bu, il me montre le problème. Aussi dis-je à Jean-Marc que je ne l’accompagne que s’il est d’accord pour un arrêt total et définitif. Jean-Marc écrit que « cette mise en face de mes responsabilités a été très dure ». Il reprend rendez-vous en me précisant qu’il est d’accord avec ma proposition, qu’il lui est en effet impossible de boire un verre occasionnellement.

Parallèlement, je reformule sur ce qu’il me dit de ce qu’il va gagner à l’arrêt : famille, santé et perspective d’une vie meilleure. Sa décision lui appartient. Nous enregistrons à la fin de chaque rendez-vous une petite séance d’hypnose d’une durée de 10 minutes environ, qui a des objectifs ciblés en fonction de ce qui se déroule.

Cette première séance a pour objet d’apaiser les angoisses de Jean-Marc. Ma posture est ferme. En effet, elle me semble la seule possible compte tenu des deux tentatives d’arrêt déjà réalisées par Jean-Marc. Il est à noter que ses deux tentatives contribuent évidemment à sa motivation actuelle de réussir son sevrage. Notre relation thérapeutique est construite et d’emblée je sens Jean-Marc très impliqué et en grande confiance.

Une relation thérapeutique solide ! Son épouse Christine est d’emblée impliquée dans le traitement. Lors de ce rendez-vous, Jean-Marc découvre à quel point la famille trinque. Les enfants sont en colère, le plus jeune a mis en place un système de surveillance et d’information de sa maman lorsque celle-ci est à son travail. Jean-Marc découvre la qualité exceptionnelle de son épouse et son amour inconditionnel. Il écrit : « c’est un appui déterminant vers le zéro ».

Ça y est, les liens sont là, solides. L’enregistrement de la séance se fera sur le thème de l’importance de ses liens solides ancrés dans chaque partie du corps. Je propose que le couple se retrouve par le biais d’activités. Jean-Marc s’empare de cette suggestion et inscrit Christine et lui-même à la danse. Le couple doit se réinventer, se retrouver. Jean-Marc parle à ses enfants et réalise combien l’un comme l’autre ont souffert de cette situation, qui a entaché la relation de confiance à leur père, et combien ils sont motivés par cet arrêt.

L’aîné des enfants n’y croit pas ou n’ose pas y croire. Mais la famille dit à Jean-Marc : on est là pour t’aider. Je demande à Jean-Marc en présence de Christine qu’il se fasse suivre par leur médecin de famille. Le médecin s’occupe de la partie purement médicale : examens, suivi. Lors de cette séance de couple, nous évoquons ce que chacun apprécie chez l’autre. Jean-Marc reprend confiance en lui, dans ses capacités. Il sent l’amour de sa femme.

Son épouse entend l’amour que Jean-Marc éprouve malgré les difficultés auxquelles ils ont été naturellement confrontés au cours de leur vie. Lors de la séance d’hypnose de couple, ils se tiennent par la main et sentent le soutien mutuel dans les sensations de leurs mains. Jean-Marc évoque les « pics » d’angoisse qui le pousseraient à reprendre sa consommation. Dans les débuts de l’arrêt, ils sont nombreux et représentent une véritable torture. Ce qui l’aide à réussir à les dépasser : se revoir dans l’alcool « que de la merde », écrit-il lui-même, les dégâts familiaux et leurs conséquences, retrait de permis, accidents...

L’accompagnement passe par tous les aspects de la vie quotidienne. Comment faire lorsque Jean-Marc qui a des horaires de travail décalés rentre tôt ? Comment peut-il organiser son temps ? Quelles activités peut-il avoir ? Quel rôle peut-il prendre au sein de sa famille : aide aux devoirs du plus jeune, activité de cuisine pour l’ensemble de la famille, attentions vis-à-vis de son épouse, préparation de week-ends ou moments à deux ? Que faire lorsqu’il sort de son travail ? En effet, les habitudes de consommation se situent à ces moments précis. Les pics deviennent moins forts et moins nombreux. L’hypnose aide Jean-Marc à les dépasser. Il écoute ses séances enregistrées tous les matins et lors des « moments difficiles : les pics ».

Cependant, il continue d’être confronté aux produits : vin en particulier, en qualité de responsable d’un rayon liquide dans un supermarché. Après cinq mois les pics sont moins violents et quasi inexistants. Jean-Marc parle des séances en terme d’utilité. La mise en face des réalités, de l’avenir, du mur dans lequel il allait s’écraser. Il a ressenti la première séance comme dure mais très utile : « le zéro pour gagner ». Un des déterminants forts a été la discussion face à face avec ses enfants qui ont également été durs avec lui. Les enfants osent évoquer tout le mal généré par l’alcoolisme de leur père : « ils n’avaient pas de père ». Cet échange est un véritable déclic. Sa soeur fait partie également du socle de reconstruction. Elle le soutient à distance par le biais de messages forts, sms notamment. L’aide de ceux que nous évoquons lors des rendez-vous et qui sont décédés : sa maman et son frère.

En ce qui concerne l’accompagnement médical: ...




Rédigé le 17/05/2020 à 23:16 | Lu 314 fois | 0 commentaire(s) modifié le 17/05/2020


Tags : Sophie COHEN



Marion CHERVY
Rédactrice en Chef de la Revue Hypnose et Thérapies Brèves Web. Chargée de Communication au sein... En savoir plus sur cet auteur

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