Hypnothérapie
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Hypnose et recherche. L’expérience liégeoise


Nous sommes actuellement convaincus que l’hypnose est un outil efficace pour la prise en charge de patients souffrant de troubles variés.
Audrey Vanhaudenhuyse et Pr Marie-Elisabeth Faymonville



Hypnose et recherche. L’expérience liégeoise
Une série d’études cliniques met en évidence l’intérêt de cette approche pour améliorer diverses variables telles que le bien-être, la qualité de vie, le sommeil, la régulation des émotions, ainsi que pour diminuer les sensations de douleur, notamment chez des patients souffrant de douleur chronique et des patients en oncologie. Les techniques de neuro-imagerie permettent de mieux comprendre comment et pourquoi ces changements s’opèrent.

Hypnose et conscience : des recherches qui se complètent

L’étude de l’hypnose est étroitement liée à l’étude de la conscience. En effet, lorsque les individus rapportent leur vécu subjectif d’une expérience en hypnose, il n’est pas rare que ceux-ci témoignent d’un ressenti différent, d’une perception des sons et de sensations particulières, de l’émergence de certaines émotions, voire de modification des limites du corps. Ces distorsions et ces vécus différents en hypnose peuvent s’expliquer par la modification importante des réseaux neuronaux impliqués dans la conscience de soi et la conscience de l’environnement observés dans cet état particulier. Il faut tout d’abord comprendre que la conscience se compose de la conscience de soi et de la conscience de l’environnement. En éveil normal, ces deux types de conscience sont anti-corrélés : lorsque nous sommes engagés dans une activité mentale intense, nous sommes moins réceptifs à ce qui se passe autour de nous, et inversement. Deux réseaux cérébraux sont, dès lors, à distinguer : le précunéus et les régions mésiofrontales sont impliqués dans la conscience de soi ; les régions fronto-pariétales latérales, dans la conscience de l’environnement. L’activité de ces réseaux cérébraux est également anti-corrélée en état d’éveil normal : plus le réseau de la conscience de soi est activé, moins le réseau de la con- science de l’environnement l’est, et vice-versa.

En hypnose, une dissociation entre conscience de soi et de l’environnement est clairement mise en évidence : les sujets rapportent une augmentation des pensées relatives à la conscience d’eux-mêmes, alors que la conscience qu’ils ont de l’environnement est fortement diminuée voire totalement absente. Cette dissociation se reflète au niveau cérébral puisque l’on observe une modification de l’activité et de la connectivité fonctionnelle des deux réseaux de conscience. Cependant, les résultats obtenus par les études ne sont pas homogènes. Ces différences de résultats peuvent s’expliquer par les méthodologies ainsi que les types d’hypnoses différentes appliquées selon les groupes de recherche. Retenons néanmoins qu’une diminution importante de l’activité est observée au niveau du réseau de la conscience de l’environnement, tandis que le réseau cérébral de la conscience de soi est caractérisé par une modification de la connectivité entre les structures qui le composent (notamment le cortex cingulaire postérieur, le précunéus, les régions préfrontales et parahippocampiques) .

Nous savons que l’hypnose est une capacité innée, un talent que tout individu possède, à des degrés variables. Certains peuvent être qualifiés de « virtuoses » de l’hypnose (25 % de la population générale10) et décrire une expérience riche en sensorialité, d’autres sont considérés comme des « apprentis » et témoignent d’une expérience empreinte des caractéristiques particulières d’absorption et de dissociation. D’un point de vue neuro-anatomique, il est intéressant de constater que les personnes dites « hautement hypnotisables » sont différentes des personnes « faiblement hypnotisables ». Les individus hautement hypnotisables démontrent une modulation spécifique des réseaux attentionnels comparés aux autres sujets en hypnose. Les différences entre les personnes hautement et faiblement hypnotisables ne se limitent pas au fonctionnement cérébral, mais se retrouvent également au niveau de la structure du cerveau. Plus spécifiquement, les sujets hautement hypnotisables sont caractérisés par une augmentation de 32 % du rostrum du corps calleux par rapport aux sujets dont les scores aux échelles d’hypnotisabilité sont faibles14. Cette région est connue pour son implication dans les processus attentionnels ainsi que dans les mécanismes de transfert de l’information entre les cortex préfrontaux. L’ensemble des observations faites chez ces individus permet de penser que les sujets hautement hypnotisables bénéficient d’un système attentionnel frontal plus efficace pour augmenter les processus de contrôle, moduler les performances et inhiber les stimuli non désirés des processus de conscience, qu’ils sont capables d’une plus grande flexibilité attentionnelle, d’une plus grande capacité à la dissociation et à l’engagement dans des tâches particulières.

De la douleur à la douceur, quelle place pour l’hypnose ?

La douleur est une expérience subjective qui a pour fonction première d’être un symptôme d’alarme qui incite la personne qui la ressent à s’interroger si celle-ci constitue une menace pour l’intégrité du corps. La douleur aiguë avertit d’une lésion de l’organisme (fracture, abcès, inflammation, etc.) et conduira la personne à consulter si elle s’intensifie, afin d’en trouver la/les cause(s) et de la/les traiter. L’hypnose peut déjà trouver une place concrète dans la prise en charge de cette douleur aiguë. Lorsque nous sommes soumis à une stimulation douloureuse, nous ressentons une douleur et un inconfort que nous pouvons subjectivement évaluer, et simultanément nous activons un ensemble de régions cérébrales impliquées dans le « réseau de la douleur » (cortex somatosensoriels primaire et secondaire, insulaire, cingulaire antérieur, noyaux thalamiques). En hypnose, ces mécanismes de perception sont modifiés au point que certains sujets peuvent ne plus ressentir aucune douleur ou inconfort.
En effet, les travaux réalisés sur la perception de la douleur en hypnose mettent en évidence une diminution significative de la sensation de douleur et de l’inconfort en hypnose, par rapport à un état d’éveil normal ou à un exercice d’imagerie mentale.


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MARIE-ELISABETH FAYMONVILLE
Anesthésiste-réanimateur, dirige depuis 2004 le Centre de la Douleur et participe activement, comme médecin référent, à l’Equipe mobile de soins palliatifs du CHU de Liège. Elle développe en 1992 une nouvelle technique d’anesthésie : l’hypnosédation. Cette approche originale a été évaluée par des études cliniques rétrospectives et prospectives, études donnant lieu à de multiples publications dans des revues nationales et internationales permettant la réalisation de travaux de fin d’études, de mémoires de licence, d’une thèse de doctorat et d’une thèse d’agrégation de l’enseignement supérieur. Depuis 1994, elle enseigne cette technique dans un cours libre à l’Université de Liège où plus de 400 participants, venant de quatre pays européens différents, ont déjà reçu cette formation. Elle participe aux enseignements de différents cycles des études de médecine et des masters complémentaires à l’Université de Liège ainsi qu’aux Enseignements européens d’anesthésie-réanimation et aux cours interuniversitaires belges d’Algologie. Son activité de recherche originale est axée sur l’investigation des mécanismes neuro-anatomiques de différents états de conscience, entre autre l’hypnose.

Hypnose et recherche. L’expérience liégeoise
AUDREY VANHAUDENHUYSE
Neuropsychologue, docteur en sciences médicales. Depuis le début de ses travaux de re- cherches, elle s’intéresse aux processus de conscience et aux états de conscience modifiés et altérés. Elle travaille actuellement au sein du Service d’Algologie soins palliatifs du CHU de Liège et fait partie du GIGA-Conscience de l’Université de Liège. L’essentiel de son travail consiste à élaborer des paradigmes de recherches cliniques, particulièrement avec des patients souffrant de douleur chroniques et des patients en oncologie, dans le but d’évaluer l’intérêt de l’hypnose dans le bien-être de ces patients. Parallèlement, elle étudie les mécanismes neurophysiologiques de l’hypnose chez des sujets sains et des patients.




Rédigé le 11/01/2020 à 23:32 | Lu 453 fois | 0 commentaire(s) modifié le 15/01/2020






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