Le questionnement thérapeutique. Revue Hypnose et Thérapies Brèves HS20.


Favoriser le processus de créativité et faire émerger de nouvelles histoires.
Par Julien BETBÈZE



Wilfrid Martineau a accepté d’être rédacteur en chef invité pour ce numéro « Hors-Série » sur le questionnement thérapeutique. Si je lui ai demandé de coordonner ce numéro, c’est en raison de sa capacité de percevoir l’unité des thérapies brèves et de l’hypnose ericksonienne. De plus, sa grande expérience de thérapeute et d’enseignant lui permet d’intégrer cette unité tout au long du processus thérapeutique. Il ne s’agit pas de connaître tous les types de questions, mais de saisir l’intention de chaque question dans un contexte singulier, afin de favoriser le processus de créativité chez le patient et le thérapeute.

Le questionnement ne cherche pas simplement à obtenir des réponses du sujet mais à faire émerger, à partir de ses réponses, de nouvelles histoires dans lesquelles la perception du sujet sera élargie. Alors il pourra retrouver la capacité d’accueillir ses propres ressentis sensoriels et d’expérimenter une subjectivité vivante au sein même de sa vie relationnelle.

Ainsi les questions ne deviennent thérapeutiques que si elles rendent possible la reconnection avec la sécurité relationnelle, l’estime de soi et le monde des valeurs. Et c’est lorsque, suite à une pertubation existentielle, le sujet ne parvient plus à une telle reconnection, que le thérapeute doit être particulièrement attentif à sa position et au type de langage qu’il utilise comme support du questionnement ; cela passe par une observation de la manière dont le sujet entend l’intention des questions et développe une nouvelle capacité à répondre, non à partir du mental, mais à partir d’une expérience partagée. Dans cet espace partagé, l’accordage redonne sa place à la créativité et rend possible une prise de position s’appuyant sur une vie où les actions sont en lien avec la liberté.

La responsabilité des thérapeutes dans les conversations est de développer des récits de progrès, en étant attentifs au thème des exceptions par rapport au problème et aux ressources en lien avec les objectifs. Il est important de saisir que l’exception doit être décrite comme un phénomène de résistance au sein même de l’espace problème, et les ressources comme des ressources relationnelles en lien avec des actions ayant du sens.

Si nous comprenons le questionnement comme l’utilisation d’un langage visant un changement de perception, nous pouvons dire que, pour que le questionnement soit stratégique, il doit faire émerger de nouvelles histoires où s’ouvre un espace dans lequel les actions sont en lien avec les intentions, remettant ainsi en place les processus d’accordage. En ce sens, toutes les thérapies brèves sont des approches qui rendent possibles les expériences de coopération, ce que Milton Erickson décrit comme étant le sens des conversations hypnotiques.


Dr Julien Betbèze

Rédacteur en chef de la revue « Hypnose & Thérapies brèves ». Pédopsychiatre et psychiatre adultes, Chargé de cours à la Faculté de médecine de Nantes et au sein des Instituts de la CFHTB. Formateur en hypnose, thérapies stratégiques, solutionnistes et narratives à l’ARePTA-IMHENA. Coauteur de nombreux ouvrages et publications.

Pour lire la suite du Hors-Série 20 de la Revue Hypnose et Thérapies Brèves. HS20 sur les Questionnements Thérapeutiques.




Rédigé le 30/05/2026 à 22:39 | Lu 12 fois | 0 commentaire(s) modifié le 31/05/2026




- Formateur en Hypnose Médicale, Ericksonienne et EMDR - IMO au CHTIP Collège Hypnose Thérapies… En savoir plus sur cet auteur
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