Hypnothérapie
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Conversation d'engagement. Revue Hypnose et Thérapies Brèves 66. Dr Alain VALLÉE


S’associer à une ressource, à une exception...
Quand la « conversation d’engagement », qui associe liberté et souvenir agréable, devient un outil dans le traitement des troubles dissociatifs.



Il y a quelques années que je me suis intéressé aux troubles dissociatifs chers à Pierre Janet. Je ne suis d’ailleurs pas le seul à penser que l’élément psycho-somatogénétique (accompagnant toute souffrance, toute perturbation psychoaffective et psychosomatique) comporte une grande part de troubles dissociatifs. La thérapie de ceux-ci m’apparaît être le coeur de l’action hypnotique ou/et psychothérapeutique.

CONVENTIONS DE VOCABULAIRE

1. Troubles dissociatifs.
Si nous nous reportons au DSM-5, le trouble dissociatif franc est essentiellement mental. D’un autre côté, sa présence est très importante dans ce descriptif en tant que comorbidité. En filigrane, il est possible de décrire des troubles dissociatifs alliant des éléments de dissociation mentale (rumination, obsession idéatoire, sentiment d’étrangeté de dépersonnalisation) à des éléments de dissociation corporelle qui vont regrouper la plupart du temps des éléments d’anesthésie (algique mais aussi anesthésie coenesthésique et épicritique), des éléments moteurs (parésies, troubles du tonus et de la posture, troubles respiratoires notamment diaphragmatiques, etc.), et des éléments relationnels (incapacité à rester en relation durant la séance, difficultés relationnelles diverses).

2. Expérience longue d’association.
Qu’est-ce qu’un moment d’association ? Par exemple, la remémoration de moments d’hypnose ou de méditation, suffisamment intenses pour que la représentation n’en soit possible qu’a posteriori, représente ces moments d’association souvent décrits sous la forme de « se sentir un ».

3. Moments physiologiques d’association.
S’il est rare que de tels moments soient durables, il est fréquent de les reconnaître sous une forme très brève. Comme exemple, je pourrais vous donner le fait de se laisser tomber dans son fauteuil entre deux patients et, juste à ce moment-là, de se sentir récupérer son énergie quasiment immédiatement. Ces moments-là, que nous pourrions qualifier de moments physiologiques d’association, surviennent plutôt dans certains contextes favorisants. Le sentiment de bienêtre, l’absence de conflit, la perception de la bienveillance de l’entourage sont, par exemple, des éléments favorables. Qu’est-ce qu’ont de particulier ces moments-là ? Le plus généralement, un sujet qui se sent bien, qui n’a pas de conflit avec les autres, son système de valeurs ou avec le monde, va pouvoir se reconnaître comme étant l’auteur de ses actions. Il peut se sentir « associé » à ses actions plutôt que de dire : « c’est plus fort que moi, je n’ai pas pu m’empêcher de faire ça », ce que sont amenés à dire la quasitotalité des sujets qui sont soumis au pouvoir de l’émotion. Un sujet peut donc être décrit comme associé à ses actions, c’est-à-dire qu’il se sent libre de les accomplir, qu’elles sont en lien avec ses valeurs préférées, que la con - naissance de cet accomplissement s’accom pagne d’une sensation coenesthésique agréable, et qu’il la juge dans le droit fil de son chemin de vie.

4. La bonne santé
« Le piano » association dé-association : ce type de contexte permet qu’un sujet puisse passer d’une manière très rapide de moments décrits plus haut d’association brève à des moments durant lesquels il n’est plus associé, mais attentif à une action ou un concept ; il est alors dé-associé. Il peut aussi connaître des moments de dissociation souple et réversible, par exemple lors de moments de rêverie. Il est même possible de dire que la normalité est la capacité de passer très facilement de phase de dé-association à des phases de dissociation souple à des phases brèves d’association, qui est le propre de l’équilibre corporel, relationnel et mental.

5. La mauvaise santé, la souffrance.
Vous comprenez que l’immense majorité des personnes qui viennent nous rencontrer souffrent d’être soumises à des comportements dans lesquelles elles ne se reconnaissent pas. Si vous revenez aux conventions de langage ci-dessus, ces personnes présentent des comportements dissociés. En effet, une bonne partie de leur vie peut être décrite comme contrainte, en contradiction avec les valeurs préférées, accompagnée de sensation coenesthésique désagréable et en contradiction avec leur scénario de vie souhaité.

DU POINT DE VUE THÉRAPEUTIQUE

Il apparaît donc intéressant d’aider ces personnes à se sentir plus souvent l’auteur de leur comportement, tant au niveau des sensations que des valeurs, ce qui les amènera à avoir moins souvent besoin de se dissocier car elles resteront plus souvent dans leur « zone de tolérance ». Chacun d’entre vous, s’il est déjà formé à l’hypnose, sait parfaitement faire cela. Si vous amenez cette personne qui se sent tellement mal à pouvoir revivre un bon souvenir agréable, elle va faire l’expérience qu’au moins un moment vécu dans le passé s’est accompli librement, en lien avec ses valeurs, accompagné de sensation corporelle agréable, et dans le droit fil de ce qu’elle souhaitait pour sa vie. L’expérience hypnotique lui a permis de s’associer à ce bon souvenir. Malheureusement, vous avez peut-être remarqué que cette association n’est pas toujours durable, ou bien qu’elle peut rester prisonnière du contexte : « Je sais bien que je peux me sentir bien à la plage ! » En effet, une expérience hypnotique ne permet pas toujours que la régression en âge puisse modifier de façon durable la signification d’un comportement. De surcroît, vous n’avez peut-être pas toujours le temps de faire des séances d’hypnose suffisamment durables pour amener à ce résultat.

LA CONVERSATION D’ENGAGEMENT

Je vais vous proposer un outil, un type de conversation, beaucoup plus rapide pour amener au même résultat : je l’appelle la « conversation d’engagement ». Ce nom vient de la psychologie sociale : Joule et Beauvois parlent de l’engagement dans une décision. Si, par exemple, un acheteur considère que l’acte d’achat a été libre, qu’il considère que la possession du bien envisagé est conforme à ses valeurs, que l’imagination de cette satisfaction s’accompagne d’une sensation corporelle agréable, et ce d’autant plus que cet acte ne sera pas totalement conforme aux habitudes ou bien à ses opinions ordinaires ou bien celle des autres (opposition), il est alors très probable qu’il soit très engagé dans cet acte d’achat, si bien qu’il n’usera probablement pas de sa capacité de rétractation. Il se reconnaîtra dans cette action : il s’associera à elle. Vous êtes tout à fait en droit de me demander quel est le lien entre la thérapie et cette conversation d’engagement. Pourtant, pensez au nombre de fois où vous avez tenté de convaincre un patient que son amélioration était plus réelle qu’il ne le croyait. Combien de fois avez-vous tenté de lui faire accepter un conseil ? Combien de fois avez-vous tenté de lui faire saisir que, s’il était capable de réussite dans tel domaine, il pourrait bien utiliser ses capacités dans un autre domaine ? Bien sûr, vous avez toujours la possibilité d’utiliser l’hypnose dans ce but, et c’est un excellent outil qui, malheureusement, a tendance à prendre un peu trop de temps lorsque nous travaillons avec une exigence de rapidité, c’est-à-dire avec des séances courtes.

1. Installation de ressources
- Thérapeute : « Bonjour ! Avant que nous parlions du problème qui vous amène, j’aimerais que nous fassions connaissance. J’aimerais que vous me racontiez quelques anecdotes de votre vie.
Pour commencer, parlez-moi d’un moment à l’occasion duquel vous avez réussi quelque chose d’important pour vous.
- Patient : Jusqu’à présent, ce que j’ai réussi de plus important, c’est d’avoir rénové mon appartement.


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Dr ALAIN VALLÉE

Psychiatre, psychothérapeute, exerce en Loire- Atlantique. Orientation de la pratique : minimalisme. Formateur en hypnose, thérapies brèves et autres, président d’honneur de l’ARePTA Nantes. Auteur du Manuel pratique de thérapie orientée solution. Dialogues et récits, aux éditions Satas.

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N°66 : Aout / Septembre / Octobre 2022

N°66 : Aout / Septembre / Octobre 2022

Dans ce n°66, nous verrons comment aider les personnes qui nous consultent à sortir des effets des histoires dissociatives dans lesquels elles sont enfermées. Le questionnement développé dans les thérapies brèves est une aide essentielle pour rendre possible l’activation des processus de réassociation.

Edito:
. Julien Betbèze : Approche stratégique et acceptation de la solitude
. Alain Vallée développe un exemple clinique nous montrant comment la conversation d’engagement ouvre de nouvelles possibilités d’agir chez un sujet présentant un diabète de type 2 et qui ne parvenait pas jusque-là, malgré les risques somatiques, à modifier sa relation à l’alimentation.

Spécialiste mondialement connu de l’approche stratégique, Giorgio Nardone explique l’importance de différencier trois manifestations différentes de la solitude. Il enseigne comment apprendre à être avec les autres, et le chemin vers l’acceptation de la solitude, acceptation nécessaire pour faire vivre une relation.

Véronique Cohier-Rahban poursuit sa réflexion sur la prise en charge des enfants soumis aux effets des violences intergénérationnelles. Elle nous montre comment Armel, enfermé dans le rôle « d’enfant problème », va se libérer de son rôle sacrificiel par le questionnement circulaire et la mise en place de relations de coopération dans la famille.

A travers le cas de Marthe, enfermée dans son monde de détresse et d’inquiétude, Arnaud Zeman décrit comment le thérapeute, en se mettant en lien avec ses ressources relationnelles, accueille ses ressentis corporels et ses affects pour construire un accordage avec un sujet prisonnier de son vécu dissociatif. Cet accordage est le premier pas vers un nouveau positionnement rendant possible le changement.

Le dossier thématique sur le lien thérapeutique se poursuit avec Karine Ficini qui nous fait part de l’histoire de Daniel, orphelin à l’âge de 4 ans, et dont les étapes de vie sont marquées par le pouvoir du monde abandonnique. Avec l’utilisation des mouvements alternatifs et de questions centrées sur la traduction corporelle de la confiance en soi, elle tisse un nouveau lien humain qui génère une nouvelle action signifiante pour le sujet.

Bertrand Hénot utilise le questionnement narratif et solutionniste pour aider Louis à modifier son regard sur les services sociaux et sur lui-même, afin de réinvestir son rôle de père et se mettre en chemin pour retrouver la garde de son fils.

Dans l’espace « Douleur Douceur », Gérard Ostermann nous présente trois articles sur l’apport de l’hypnose en gériatrie.

Sarah Muller, dans son article sur les conversations hypnotiques en psychogériatrie, nous raconte comment Mme D. qui présente un diagnostic de Démence fronto-temporal, intègre l’Ehpad à 92 ans, suite à une chute, et va bénéficier d’un accompagnement complet à la toilette, effectuée au lit.

Véronique Treussier-Ravaud expose le cas clinique de Mme L.F. patiente âgée qui souffre de troubles cognitifs sévères. Une séance d’hypnose pendant sa toilette, avec ancrage musical et techniques apaisantes, a pour bout de la réinstaller dans un état de bien-être.

. Blandine Rossi-Bouchet, orthophoniste, nous explique comment elle utilise l’hypnose dans sa pratique quotidienne auprès des personnes âgées.

Dans la chronique « Bonjour et après », vous trouverez les premières consultations d’Elisabeth qui noie son ennui dans l’alcool. Sophie Cohen utilise le questionnement stratégique et l’hypnose pour aider la patiente à quitter ses tentatives de solution.

Enfin, Nicolas D’Inca nous livre un article passionnant sur le chamanisme et les animaux de pouvoir pour retrouver les liens au monde vivant.

Crédit photo Jean-Michel HERIN



Rédigé le 11/03/2023 à 14:46 | Lu 4563 fois | 0 commentaire(s) modifié le 11/03/2023





Laurent GROSS
- Formateur en Hypnose Médicale, Ericksonienne et EMDR - IMO au CHTIP Collège Hypnose Thérapies... En savoir plus sur cet auteur

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