Hypnothérapie

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Laurent GROSS, Hypnothérapeute, EMDR, IMO, Thérapies Brèves Orientées Solution à Paris 11

Florent HAMON, Hypnothérapeute, Thérapeute EMDR à Paris.

Laurence ADJADJ, Hypnothérapeute, EMDR - IMO, Thérapies Brèves Orientées Solution à Marseille

Valérie TOUATI-GROSS, Hypnose Thérapeutique, EMDR - IMO, Thérapies Brèves et Ostéopathie à Paris 11 et 12

Dr Philippe AÏM, Psychiatre, Hypnothérapeute, Thérapies Brèves Orientées Solution. Paris

Mariline MORCILLO, Hypnothérapeute et Infirmière sur Marseille et Paris

Théo CHAUMEIL, Kinésithérapeute et Praticien en Hypnose. Chargé de Formation à Paris et Marseille

Sophie TOURNOUËR, Hypnothérapeute, Psychologue clinicienne et Thérapeute Familiale

Une semaine aux urgences psychiatriques.


Dr Virginie Lagrée
A propos de quelques outils de thérapie brève… Garder une relation thérapeutique
lors d’une rencontre contrainte.



Lundi aux urgences…

M. L. est amené par la police, il est manifestement très angoissé, instable, il refuse de parler, ne veut pas rester...
Je valide. Et j’accepte qu’il déambule rageusement… J’essaie de faire avec ce qu’amène le patient.
« J’imagine bien – je ne dis plus“je comprends”pour avoir essuyé plusieurs
répliques d’une pertinence indéniable :“vous ne pouvez pas comprendre, vous n’êtes pas à ma place”– que vous n’ayez aucune envie de parler à une inconnue, Monsieur, et je n’ai pas besoin de tout connaître de vous, mais seulement ce que vous pensez que j’ai besoin de savoir pour vous laisser sortir ou vous aider. »
Il poursuit. « Ils sont là , ils m’en veulent !...
- Qui ?
- Les hommes du FBI !
- Où ?
- Partout ! Je les entends !
- Mais comment ?
- Ils m’ont mis une puce dans l’oreille quand j’avais 17 ans et depuis ils font des expériences sur moi… je leur sers de cobaye !
- Je vois, on va essayer de vous débarrasser de ces personnes malveillantes,
et pour cela il faut d’abord vous mettre à l’abri à l’hôpital et on se charge du reste. (Je tente…)
Quelques minutes de négociations encore et il accepte l’hospitalisation.
Mon externe me dit alors, surpris : « Vous rentrez dans son délire ?
- J’en utilise quelques bribes pour tenter une alliance, valider l’angoisse liée à ce qu’il me décrit, et éviter une hospitalisation sous contrainte qui débuterait par une sédation assortie d’une contention…

Mardi...

M. M., 26 ans, psychotique, arrive aux urgences suite à une scarification importante ayant nécessité 26 points de suture.
Il ne veut pas rester, refuse la consultation qu’il finit par accepter, résigné.
Il se montre assez réticent, le discours est pauvre et parasité par ses demandes intempestives de sortie.
« Je comprends que vous ayez hâte de sortir M. M., mais pour le moment je ne peux prendre cette décision, tant que vous ne m’aurez pas rassurée sur ce geste qui nous inquiète et pour lequel vous êtes là… J’avoue mon inquiétude.

- C’est rien ça ! me répond-il, j’voulais pas venir, c’est ma mère qui a appelé les secours, je voulais pas me suicider comme tout le monde semble le croire, je voulais lui montrer que je n’étais pas fou…
- Mmmmm… ? attitude non verbale dubitative...
- Ben oui, je lui ai montré que si j’étais fou je ferais ça !
- Et vous l’avez fait !… que peut-elle penser, pensez-vous ?
- Que je le suis ?
- ... Est-ce que cela a marché au moins, à quoi verrez-vous qu’elle a compris ?
- Non j’crois pas, non…
- Bon… désolée
- A votre avis, M. M., qu’est-ce qui pourrait lui montrer que vous n’êtes pas fou ?
- Je ne sais pas… De toute façon elle pense que je le suis, elle me le répète,
en plus j’ai été hospitalisé sept mois en psy, elle n’arrête pas de me dire que je devrais y retourner !
- Et vous faites des choses graves qui du coup nous inquiètent, inquiètent
votre mère et on vous réhospitalise...
- Ben oui, je ne sais pas quoi faire… »
Je l’ai finalement laissé rentrer chez lui après l’avoir laissé appeler sa mère en espérant que le fait qu’il ne soit pas hospitalisé puisse le réassurer sur son état de santé et qu’il puisse faire l’expérience qu’il n’est pas « fou ». Il n’est pas dissocié, ni délirant, ni confus, ni suicidaire. La loi du 5 juillet 2011 ne m’autorise donc pas à l’hospitaliser.

Mercredi…

M. S., 70 ans, a tenté de se pendre dans un contexte de rupture sentimentale. Alors qu’il vient d’apprendre que Madame a un nouveau compagnon, il installe une corde dans son grenier et envoie un message suggestif à son ex-femme. Celle-ci appelle les secours qui, accompagnés de la police, pénètrent au domicile de M. S. qui est donc amené aux urgences. Un premier certificat de soins psychiatriques sous contrainte (3212.1-2-1) est rédigé par SOS Médecins, qui a contacté l’ex-épouse aussi. Celle-ci est d’accord pour signer une demande d’hospitalisation mais elle ne se trouve pas sur Nantes, donc elle viendra plus tard…

Je me présente à lui dans la salle d’attente, d’emblée il me dit :
« J’allais partir !
- Je suis désolée pour cette attente, M. S., les urgences vous savez… Venez me dire ce que vous y faites aux urgences justement. Position basse en m’excusant.
- Faites pas l’innocente, vous le savez !, dit-il en entrant dans mon bureau.
- J’ai effectivement un certificat du médecin que vous avez rencontré où il est écrit que vous avez installé une corde dans l’intention de vous pendre.
- Bof ! je ne sais pas si je l’aurais fait… C’était plutôt pour la faire réagir !
De toute façon, je rentre chez moi, me dit-il d’un ton péremptoire. J’aurais pu partir tout à l’heure… en attendant.
- C’est vrai c’est un service ouvert… position basse… Mais j’ai sous les
yeux un certificat médical qui indique la nécessité d’une hospitalisation – rappel du cadre dont je suis garante – et pour le moment je ne peux encore décider de vous laisser sortir, c’est la loi, et j’y suis soumise comme vous l’êtes… temps de pause… Cependant, c’est une loi établie pour la protection des personnes… Maintenant que vous êtes là, M. S., est-ce qu’on peut faire en sorte, ensemble, que cela soit, tant qu’à faire, un peu utile pour vous ? »

Il s’est alors confié, et est apparu très dépressif, profondément blessé d’être quitté mais pouvant l’accepter dans un premier temps, au vu de l’âge de sa compagne :
« Elle est tellement jeune encore, et belle, que je comprends qu’elle m’ait quitté, ça n’empêche que cela me fait mal et je ne le supporte pas… Mais je suis resté digne…
« Si je comprends bien – je vérifie que j’ai bien compris – vous vous êtes
séparés il y a déjà plusieurs mois… Dites-moi, M. S., comment est-ce que vous avez réussi à ne pas mettre fin à vos jours durant tous ces mois ? activation des ressources.
- Je crois que j’avais encore espoir qu’elle revienne… Mais quand j’ai su qu’elle avait rencontré quelqu’un d’autre… Je n’ai pas supporté, tout s’est effondré ! Je préférerais mourir, tant pis ! Leur laisser le champ libre…
- M. S., qu’est-ce vous penseriez d’un médecin, d’ailleurs d’un humain,
mais encore plus d’un médecin, à qui vous venez de confier que vous vouliez mettre fin à vos jours et qui vous laisse sortir… ton hypnotique… Comme ça ! je claque des doigts... Comme si de rien n’était…
- … (ne répond rien, triste, semble accepter).
Je reviens alors sur le fait d’être « resté digne »… Peut-être un levier thérapeutique ? Je commence par lui faire un compliment :
- Permettez-moi de vous dire que je trouve très courageux d’avoir réussi à respecter le choix de votre compagne, sa décision de partir… Vous m’avez dit que vous étiez resté digne, en quoi est-ce important pour vous de rester digne ? A laquelle de vos valeurs la dignité fait-elle appel chez vous ? […] activation des ressources. Qu’est-ce que “rester digne” vous permettrait-il aujourd’hui ?
- Qu’elle garde une belle image de moi. »
J’ai fini par le laisser rentrer chez lui, en lui faisant promettre de revenir me voir trois jours après.
Il a rappelé la veille de notre rendez-vous pour me demander une hospitalisation en clinique…


Dr Virginie LAGREE
Psychiatre, responsable des urgences médico-psychologiques du CHU de Nantes, chargée de cours à l’université au DIU de Suicidologie et au DU de Médecine d’Urgence. Vice-présidente de l’AREPTA.

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Hors série n°11 de la revue Hypnose & Thérapies brèves. Mars 2017.
C'est un numéro double de 196 pages.
Thème : « La relation thérapeutique »


- Éditorial : La relation thérapeutique. S. Cohen
- Éditorial : La relation au coeur de l’hypnose. J. Betbèze
- L’alliance thérapeutique. M. Arnaud
- Enseigner la relation thérapeutique. A. Bioy
- Le thérapeute ? Un guide qui ne devance pas. J.-M. Benhaiem
- Autonomie relationnelle. J. Betbèze
- Avec le patient douloureux chronique. De la formation à la pratique. J. Nizard
- En salle de naissance. B. Bobenrieth
- Monde psychotraumatique. E. Bardot
- La relation thérapeutique. M. Picard Destelan et L. Fodorean
- Comment faire vivre un paranoïaque ? E. Malphettes
- Positionnement, et alliance... thérapeutiques. W. Martineau
- Rapport, alliance et changement : « l’Homonoia ». A. Vallée
- Une semaine aux urgences psychiatriques. V. Lagrée
- Retour à l’essentiel. G. Ostermann
- En Thérapie Systémique Brève. Y. Doutrelugne
- Un truc incroyable... Conversation en thérapie narrative. C. Besnard-Péron
- Retour aux bases. De l’infiniment petit à l’infiniment grand. P. Aïm et L. Gross
- Trouble du comportement à l’adolescence. A. Zeman

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Rédigé le 21/09/2018 à 00:59 | Lu 138 fois | 0 commentaire(s) modifié le 21/09/2018





Philippe AÏM
Hypnothérapeute, Psychiatre, Praticien en EMDR - IMO, Président de l'Institut Uthyl, responsable de... En savoir plus sur cet auteur

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