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Thérapie: alliance et recadrage, des outils de base.


Par le Dr Alain VALLÉE, Psychiatre à Nantes
Revue Hypnose & Thérapies Brèves, Hors-Série n°2



Thérapie: alliance et recadrage, des outils de base.
De la même façon que, dans la fiction de Saint-Exupéry, le renard demandait au petit prince de l'apprivoiser avant de pouvoir jouer, la relation thérapeutique demande un apprivoisement. Comment faire ?

Le thérapeute peut augmenter la confiance du patient dans la thérapie en créant une bonne alliance qui va amplifier l’anticipation d’un bon résultat. Il peut aussi changer le sens, la perspective du problème, en lui montrant, par exemple, la relativité de ce qui le préoccupe. Il peut lui montrer aussi que l’objectif qu’il cherche à atteindre est beaucoup plus modeste qu’il ne le pensait. Bref, le thérapeute va tenter d’amener le patient sur un nouveau terrain où il va être plus facile de gérer la difficulté.

« Veux-tu jouer avec moi ? »… « On dirait que... » disent les enfants avant d’entrer dans le monde magique d’un jeu accepté par les protagonistes. Peut-être que la thérapie n’est que cela, un jeu de langage, disent certains.

Quelles sont les idées que je souhaite exprimer dans cet article ?

Je souhaite transmettre l’idée, que le champ d’intervention de l’hypnose et des thérapies brèves, orientées sur le problème ou orientées sur la solution, est en réalité très proche. Les unes et les autres pratiques nécessitent de créer un nouvel espace virtuel, tranquille et magique, un espace de jeu, au sein duquel les opérations de négociation du changement vont avoir lieu. L’opération fondatrice de cet espace est l’alliance thérapeutique, du transfert, diraient certains, va permettre l’acceptation collaborative de la possibilité du changement.

Le recadrage, dont l’acceptation va être un puissant facteur d’alliance, permettra de rendre le changement plus accessible. L’opérateur du changement sera dans tous les cas, qu’il s’agisse d’hypnose ou d’autres thérapies, une expérience émotionnelle correctrice, inductrice de changements comportementaux et cognitifs. Qu’elle se produise d’une façon imaginaire, puis réelle, dans le cadre de l’hypnose, ou bien de façon réelle, puis imaginaire, dans le cadre des prescriptions et tâches des thérapies brèves ou stratégiques ; je reste toujours émerveillé par cette transformation. Ce qui n’est, au départ, qu’une suggestion se mue en expérience émotionnelle et comportementale correctrice et qu’elle puisse ancrer la possibilité du changement et l’inaugurer tout simplement parce que le thérapeute et le patient auront co-créé un espace « magique » dans lequel les mots, les émotions, les représentations ont le pouvoir de tracer de nouvelles cartes et de nouvelles réalités.

Ces thèmes sont au cœur des questions que pose la découverte et l’apprentissage de l’hypnose et des thérapies brèves.

Souvent, savoir créer l’alliance, savoir recadrer une plainte, savoir négocier un objectif, savoir permettre une expérience émotionnelle correctrice, sont des savoir-faire qui apparaissent aux débutants comme étant des pratiques bien difficiles dont la maîtrise est réservée à quelques «génies».

En réalité, tout ceci n’est pas si inabordable, peut relever de l’apprentissage technique et de l’entraînement plutôt que du génie, et est accessible même à des êtres humains ordinaires, à la condition qu’ils soient de bonne volonté et déjà sensibles à l’enrichissement qu’apporte la relation à l’autre.

Je me permettrai donc d’aborder ici quelques idées concernant la construction de l’alliance thérapeutique, la construction d’un recadrage, en laissant de côté la construction des expériences émotionnelles correctrices, que ce soit dans l’hypnose ou les thérapies brèves.

L’ALLIANCE « THERAPEUTIQUE »

C’est en lisant le livre : « Le client, héros de la thérapie » de Barry Duncan et Scott Miller que j’ai mieux compris la façon dont la qualité de l’alliance thérapeutique était fondamentale en psychothérapie. Je parle là de toutes les psychothérapies, qu’il s’agisse de la psychanalyse, de l’hypnose, des thérapies brèves, des thérapies comportementales, cognitives et de toutes les autres formes passées, présentes et futures des relations d’aide.

En rassemblant les principaux résultats des chercheurs dans le monde autour du sujet de l’évaluation de la thérapie, Miller arrive à la conclusion que les résultats d’une thérapie sont liés pour 40 % à des facteurs liés au client, à 30 % à la qualité la relation avec le thérapeute, à 15 % aux espoirs et aux attentes du patient ; reste seulement 15 % pour la technique quel que soit le modèle.

Les facteurs liés au patient regroupent globalement tout ce que nous appelons les ressources, qu’il s’agisse des expériences positives passées, des valeurs ou bien des ressources du contexte. La qualité de la relation, ce que nous pouvons appeler aussi l’alliance thérapeutique est l’évaluation par le patient de la qualité du partenariat avec le thérapeute. Bien sûr, l’alliance n’est pas naturelle et il apparaît essentiel que le thérapeute sache aider à construire la meilleure relation et, ce qui est le plus difficile, à la maintenir sans perdre le patient, même si c’est pour continuer à avoir raison.

Les attentes sont, bien sûr, très liées à la vogue médiatique de telle ou telle thérapie ou bien à la séduction que tel ou tel modèle opère auprès du patient. Mais l’attente, c’est également celle que saura créer le thérapeute en permettant par exemple l’anticipation. Dans tous les cas, pensez à la puissance de l’effet Pygmalion et ne le négligez pas ...

Quant à la technique psychothérapique elle-même, il est finalement très réjouissant de se rendre compte qu’elle n’est pas si essentielle, qu’il n’y a pas de modèle qui justifie de se battre et de créer des chapelles d’exclusion. Nous connaissons tous de bons psychanalystes, de bons thérapeutes de tous horizons, nous en connaissons même certains qui nous semblent très mauvais et qui aident positivement leurs patients contre nos attentes. Je ne veux pas dire qu’il faille pour autant mépriser la technique qui sous-tend très souvent une représentation de la relation, voire du monde, très utile pour une bonne qualité de relation. Surtout, elle permet au thérapeute de se sentir à l’aise dans la relation grâce à cet outil ; j’aurai donc tendance à penser qu’il vaut mieux avoir de très nombreux outils dans sa boîte pour mieux répondre aux attentes du patient et permettre au thérapeute de continuer à se sentir confortable en toutes situations.

QUELS SONT LES PRINCIPAUX OUTILS D’ALLIANCE ?

La position du thérapeute : son confort physique et mental.

L’écoute : savoir utiliser les mots et formules du patient.

Savoir poser des questions en lien avec la réponse précédente du patient pour lui montrer qu’on l’écoute vraiment.

Savoir appréhender la position imaginaire du patient, souvent en obtenant une comparaison ou une métaphore de sa représentation de lui-même en relation à un contexte. Grâce à cela, le thérapeute va pouvoir appréhender les émotions du patient et pouvoir comprendre le monde de celui-ci, donc pouvoir percevoir ses besoins qui sont quelquefois tellement éloignés de ce que le thérapeute s’imaginait.

Écouter et accepter les théories du patient sur : ce qui lui arrive et donc laisser tomber celles du thérapeute ; sa conception du chemin de changement, qu’il passe par le médicament, l’hospitalisation ou bien par l’idée qu’il a de devoir revisiter son histoire au passé (psychanalyse) ou au présent (EMDR - HTSMA) ; ce qui marche et qu’il convient de continuer de faire (les solutions existantes donnent le style de la thérapie). Définir l’objectif de la thérapie qui est celui du patient et non pas celui du thérapeute, en repérant et en tenant compte des objectifs des tiers, qu’il s’agisse d’individus, de groupes ou bien de représentations sociales et culturelles.

Reformuler en termes positifs : « Si je comprends bien » ; n’oubliez pas que la reformulation donne l’occasion au thérapeute de sélectionner dans les dires du patient ce qui va être utile au message qu’il souhaite faire passer et que c’est donc un outil puissant pour introduire les recadrages tout en construisant l’alliance.

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Rédigé le 31/07/2018 à 22:01 | Lu 25 fois | 0 commentaire(s) modifié le 31/07/2018





Sophie Tournouër, Psychologue clinicienne, Hypnothérapeute et Thérapeute Familiale. praticienne... En savoir plus sur cet auteur

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