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L'intuition peut-elle s'apprendre? Comment ne pas faire d'hypnose


Par Aurélie MAINGUET, Psychologue clinicienne à Dijon



L'intuition peut-elle s'apprendre? Comment ne pas faire d'hypnose
Je me suis intéressée à ce qui pouvait causer les craintes d’un thérapeute débutant en hypnose. L’objet de cet article est de retracer mon cheminement à travers quelques grandes questions. Qu’est-ce réellement que l’hypnose, comment peut-elle se situer entre une volonté de légitimation par la science et une aura magique qui reste bien ancrée ?

Les principes en vigueur lorsqu’il s’agit de psychothérapie ne nous éloignent-ils pas parfois des principes éricksoniens ? Quelle est finalement la part de la technique et celle de l’intuition dans notre pratique ? Et enfin, comment se libérer des craintes et apprendre à faire confiance à l’inconscient ? Sans prétendre apporter les réponses, j’aimerais vous faire partager mes réflexions.

SCIENCE VERSUS MAGIE

L’hypnose a toujours été difficile à définir. Dans la littérature sur le sujet, chacun y va de sa propre définition. La plupart des thérapeutes s’entendent pour dire qu’il se passe quelque chose, mais quoi exactement ?

De nombreuses études ont été menées pour vérifier l’efficacité de l’hypnose et lui donner une validité scientifique. Beaucoup portaient sur le traitement de la douleur. Cependant, malgré ces découvertes, il reste tant de questions auxquelles la science n’a pas encore su répondre. C’est ce qui fait peur : l’idée que l’hypnose serait une forme de magie.

Beaucoup de détracteurs de l’hypnose l’inscrivent dans cette pensée magique afin de la discréditer. En effet, la magie semble par essence non scientifique. L’expression « comme par magie » désigne bien quelque chose de surprenant et d’inexplicable. La magie a été rejetée de la pensée moderne, considérée comme irrationnelle et primitive.

On a cessé d’y croire, c’est sans doute pourquoi on n’en voit plus beaucoup de nos jours… D’après le dictionnaire, la magie serait un ensemble de rites et de croyances, l’art de produire par des procédés occultes des phénomènes inexplicables, des effets contraires aux lois naturelles.

L’art, encore, ça va. Chacun s’en accommode. Mais les croyances sont bannies de notre société. Une pratique reposant sur des croyances ne peut être qu’infondée. Tout ce qui n’est pas scientifique n’est donc pas rationnel et par là même, pas vrai. L’hypnose, par son apparence magique, son efficacité, et le fait qu’elle se rapproche du rêve, finit par toucher au merveilleux. Et le merveilleux, comme chacun sait, nous éloigne de la vérité. Ce serait faire preuve de la plus infâme provocation que de questionner ensuite « mais qu’en est-il du bonheur ? ». La vérité existe-t-elle, et la négation du merveilleux peut-elle réellement rendre l’homme heureux ?

On pense beaucoup aux aspects négatifs de la magie, mais peu à sa beauté, à l’idée que « la pensée jugée a priori magique peut s’avérer découvrir la magie d’un réel insoupçonné ». Et qu’en est-il des liens entre relation thérapeutique et magie, par exemple lorsque Erickson est décrit comme un guérisseur ?

Ceux qui souhaitaient défendre l’hypnose sont partis du principe que la science ellemême semblait magique lorsqu’on la connaissait peu, et qu’à force d’études et de recherches on démontrerait l’aspect scientifique de l’hypnose. Fort peu de personnes ont envisagé de défendre la magie elle-même. C’est une position risquée, et pour cela il faudrait y croire…

Qu’est-ce réellement que la magie ? De nombreuses études anthropologiques se sont intéressées à cette question. La magie n’ayant pas d’équivalent dans la société moderne, elle semble étrange. Pourtant, elle a des points communs avec la science. En effet, elle présuppose l’existence de lois de la nature et prétend agir sur elle par la connaissance de ces lois. Des théories ont affirmé qu’il s’agissait d’une étape primitive dans l’évolution d’une société, qui découvre d’abord la magie, puis la religion, avant de pouvoir enfin accéder à la science.

Malinowski constate que la magie est utilisée lors d’activités qui demandent beaucoup d’attention et de soin technique. D’après Evans-Pritchard, la magie est également invoquée lors des situations de malheur. Ces deux catégories pourraient correspondre à une situation de thérapie, qui demande de l’attention, de la technique, et qui intervient lorsque le patient est en souffrance.

Levi-Strauss observe l’importance de la fonction symbolique dans l’efficacité de la magie. C’est ce symbolisme qui intervient pour faire le lien entre l’esprit du chaman et le corps de celui qu’il guérit lorsqu’il raconte des mythes. Cette façon de procéder par des histoires symboliques comporte également des similarités avec la pratique de l’hypnose.

QUELQUES MOTS SUR LA NATURE DES SCIENCES...

De tout temps, les hommes ont montré un besoin fondamental de croyances. Après diverses ères de fois religieuses et/ou mystiques, nous sommes entrés dans la phase du « tout scientifique », comme si la science pouvait, à terme, avoir réponse à tout et, par là même, contenir l’angoisse humaine.

La tendance actuelle est de jeter l’opprobre sur tout ce qui n’est pas scientifique. Pour avoir une valeur, un impact, voire tout simplement une existence, les éléments doivent être classifiés, « statistifiés » et prouvés. Cette tendance a conduit dans le domaine thérapeutique à la mise en avant de techniques clairement codifiées, reproductibles, transposables, et bien sûr rentables.

Mais qu’est-ce réellement que la science ? Certainement pas l’absolu que cherche le grand public. Quelle est la science qui peut prétendre répondre d’une unique manière à tous les maux ? N’est-ce pas une erreur de généralisation ?

L’esprit scientifique comme gage d’objectivité et protection contre toute illusion n’existe que dans l’imaginaire populaire. La recherche actuelle de cette démarche scientifique tend finalement plus vers le scientisme, c’est-à-dire « vouloir que les sciences disent l’absolu, quand elles ne peuvent atteindre que le relatif, et qu’elles commandent, quand elles ne savent que décrire ou (parfois) expliquer ». Et même en science, derrière la volonté de rigueur et d’objectivité mise en avant par les scientifiques, se cachent des postulats indémontrables, des dogmes, de l’idéologie… Loin de moi l’idée de critiquer la science ou ses qualités. Cependant, il me semble que la science n’est pas forcément ce qu’on croit. La croyance actuelle qui lui donne tous pouvoirs est faussée. On veut déterminer si telle ou telle chose est une science ou non et, sous ce prétexte, discréditer ce qui n’est pas scientifique. Selon moi, tout ce qui n’est pas scientifique n’est pas forcément à exclure, ce qui est scientifique n’est pas toujours explicable, et finalement cette distinction n’est vraiment pas le plus important.

IMPORTANCE DE LA SCIENCE ET DE LA MAGIE

L’hypnose a besoin de sa réputation scientifique pour être acceptée dans la société et accréditée par les exigences de la rationalité scientifique, sans pour autant perdre la magie qui fait l’essence de son fonctionnement. Elle se trouve donc enfermée dans ce paradoxe, à la fois scientifique et magique, position inconfortable s’il en est. Ce n’est finalement plus vraiment de la magie, et toujours pas de la science… Cette indétermination est pourtant nécessaire au fonctionnement de l’hypnose. N’y a-t-il pas une contradiction par essence pour ceux qui se veulent « éricksoniens », c’est-à-dire qui se référent à Milton Erickson, dans le fait d’appliquer l’hypnose comme une « technique » et de s’appuyer sur des classifications rigides ? Cette pratique reste-t-elle toujours de l’hypnose éricksonienne ? Ne risque t-elle pas d’enfermer le thérapeute dans un carcan ?

CLASSIFICATIONS VERSUS ADAPTATION

Tout d’abord, on enseigne en matière de psychologie et psychopathologie à se baser sur des classifications. Il est question de diagnostic, mais au final pas vraiment de traitement. On pourrait dire qu’il faut d’abord diagnostiquer avant de pouvoir traiter. Mais en l’occurrence il s’agit plus de faire entrer chaque « cas » dans une case bien déterminée. On peut s’interroger alors sur l’utilité d’un traitement appliqué sans distinction à toute personne qu’on a fait entrer (de force ?) dans une catégorie… Un même trouble n’est jamais complètement similaire, et un individu jamais semblable à un autre.

Aujourd’hui, bien loin après le 1984 d’Orwell, on tente d’affirmer pour une meilleure homéostasie sociétale (qui n’implique pas toujours un mieux-être, mais simplement un équilibre qui peut s’appuyer sur des dysfonctionnements) que le fonctionnement humain peut être traité sans tenir compte des ressentis du dit humain.


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Rédigé le 01/08/2018 à 22:43 | Lu 10 fois | 0 commentaire(s) modifié le 01/08/2018




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