Hypnothérapie
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Espace Douleur Douceur. Edito de Gérard OSTERMANN pour la Revue Hypnose et Thérapies Brèves 68.


« La confiance est un élixir merveilleux » (Alain).



Espace Douleur Douceur. Edito de Gérard OSTERMANN pour la Revue Hypnose et Thérapies Brèves 68.
« La douceur est d’abord une intelligence, de celle qui porte la vie, et la sauve et l’accroît », écrit Anne Dufourmantelle dans son bel ouvrage intitulé Puissance de la douceur. Longtemps considérée comme à la frontière de la science, l’hypnose a mis du temps à se débarrasser des préjugés qui l’entourent et à se faire une place dans le milieu hospitalier et bien davantage encore dans l’atmosphère d’un bloc opératoire. Désormais, les opérations sous hypnose se multiplient dans les hôpitaux. Cette technique se répand en Europe. Le pays en pointe est la Belgique, grâce à Marie-Elisabeth Faymonville, anesthésiste pionnière dans le domaine.Mais cela ne signifie pas que l’opération se pratique à vif. Cette technique, qui combine une anesthésie locale, une hypnose et éventuellement une légère sédation intraveineuse pour aider le patient à se détendre sans pour autant le faire dormir, est appelée hypnosédation.

Pendant l’intervention, l’opéré est surveillé comme pour une anesthésie générale et peut être endormi à tout moment si cela s’avère nécessaire. Quand un chirurgien vasculaire comme le Docteur Jean-François Desjardins se forme à l’hypnose ericksonienne et intègre dans sa pratique toute l’importance des théories de l’attachement et de la création d’un espace sécure dynamique, alors l’image d’Epinal de la table opératoire va se métamorphoser. Bien conscient de la dimension systémique, l’auteur s’appuie sur la dimension de la thérapie narrative et fait ce pas de côté si judicieux : comment aider ces patients enfermés dans un monde traumatique ou abandonnique à trouver un monde sécure, le monde de la coopération, le monde irrigué par la vie ?

Vous apprécierez aussi, comme moi, le remarquable travail de Christine Allary qui oeuvre en chirurgie maxillo-faciale en mission humanitaire de façon transculturelle : un chirurgien guinéen bilingue et Christine Allary en « signaling » permanent, « main dans la main » avec le patient. « On ne sait plus qui de la voix française ou de la voix guinéenne conduit la transe, sans doute les deux. » A quand la vidéo d’un tel exercice ? En cette période de pandémie, j’aime beaucoup l’expression de bienveillance contagieuse !

Placebo es-tu là ? Merci à Olivier de Palézieux pour cette question vivifiante sur la relation entre l’hypnose et l’effet placebo. Différencions d’abord placebo et effet placebo. Un placebo est une substance inerte – sucre, lactose, etc. – donnée dans un contexte thérapeutique. Il est notamment utilisé dans l’évaluation des médicaments comme comparateur sans effet spécifique sur la maladie traitée. Comment ne pas citer ici François Roustang : « L’intérêt du placebo réside dans le fait qu’il contraint la science médicale à sortir d’elle-même, (...) il l’irrite par son efficacité, (...) il lui fait se souvenir du contexte dans lequel elle travaille. Le placebo lui rappelle la force de la relation médecin-malade » (La fin de la plainte, François Roustang, 2001).

Tout effet thérapeutique est la résultante d’un effet non spécifique, constant, quelle que soit la méthode utilisée et, éventuellement, d’un effet spécifique qui permet une action directe sur la maladie, son évolution et/ou ses symptômes. L’effet placebo ne cesse d’interroger la médecine. Il attire et inquiète à la fois. Mais pourquoi cette ambivalence voire ce déni à son égard ?

L’effet placebo nous conduit à ne pas opposer dans une guerre sans fin l’effet pharmacologique ou technique et la dimension relationnelle de l’acte thérapeutique. L’effet placebo, qui a pu être contesté dans sa réalité et son importance, est en réalité un outil thérapeutique puissant qui intervient quotidiennement dans la pratique clinique. Cependant des protocoles spécifiques et les progrès de la neurophysiologie montrent que son ampleur est extrêmement individuelle et variable, et surtout soumise à de nombreux facteurs d’environnement. Confirmant la puissance symbolique de la relation médecin-malade, l’effet placebo est un espace thérapeutique à réhabiliter pour le bénéfice premier des patients. Espace majeur, loin d’être une tromperie...


Pr Gérard OSTERMANN

Professeur de thérapeutique, médecine interne, psychothérapeute. Administrateur de la Société française d’alcoologie, responsable du diplôme d’université de Pathologie de l’oralité, Bordeaux 2.

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- Julien Betbèze, rédacteur en chef, nous présente dans son édito le contenu de ce n°68 :

Comment devenir un meilleur thérapeute ?

Cette question est au centre de notre pratique, elle implique la « présence » du thérapeute dans une approche centrée sur le corps relationnel, ainsi que la mise en place d’évaluations visant à améliorer la qualité du lien thérapeutique.


. François Cartault nous montre comment le travail sur le deuil implique de retrouver la relation perdue comme étape initiale avant de développer l’autonomie de la personne endeuillée. Dans la séance présentée, le questionnement narratif met en évidence l’importance de décrire les différences et les points communs entre les sujets pour enrichir et faire perdurer la relation.
. Solen Montanari nous décrit la situation d’Elisa, 14 ans, qui a perdu toute confiance, un « truc » l’empêchant de lâcher prise dans la relation de soin. Selon l’approche TLMR (Thérapie du lien et des mondes relationnels) qu’elle pratique, elle intègre sa propre résonance (image d’un iceberg et vécu de chair de poule) pour co-construire un imaginaire partagé où le thérapeute et Elisa regardent ensemble la scène et en ressentent les effets sous forme d’une expérience unique.
. Sylvie Le Pelletier-Beaufond nous fait part de son expérience des séances d’hypnose partagées avec François Roustang. Elle souligne l’importance de la ''présence'' pour François Roustang dans sa manière de constituer une relation thérapeutique. Elle rappelle le principe qui gouverne sa pensée, l’existence de deux registres distincts : une forme discontinue correspondant à la dimension de l’individualité, et une forme continue, un fond, constitué de l’ensemble du système relationnel correspondant à la dimension de la singularité.

Ces trois auteurs mettent en scène ce qui est au centre de l’utilisation de l’hypnose en thérapie : le développement d’un processus coopératif où la présence du thérapeute est renforcée par le fait que ce dernier ne pense pas à la place du sujet.

. Grégoire Vitry et ses collaborateurs nous montrent comment la participation de chaque thérapeute à un réseau d’évaluation de sa propre pratique (Réseau SYPRENE) favorise une amélioration de notre pratique. Dans ce travail de recherche portant sur les effets de l’évaluation de l’alliance thérapeutique et de l’état de bien-être, nous comprenons l’importance de tenir compte de la perception du sujet et de partager avec nos pairs.

- L’édito de Gérard Ostermann dans l’Espace Douleur Douceur souligne l’importance de la capacité du thérapeute à faire un « pas de côté » pour rendre l’hypnose vivante dans les soins.

- Chirurgie maxillo-faciale en mission humanitaire, un article de Christine ALLARY

- Olivier de Palezieux nous parle du placebo

- Corps et espace sécure: changer le monde du patient par Jean-François DESJARDINS

- Dans le dossier consacré aux addictions, une constante est l’absence de confiance dans la relation humaine. Les trois auteurs, Maxime Devars, Anne Surrault et Nathalie Denis, nous proposent différentes manières de se libérer des symptômes bloqueurs de la relation (hyperactivité dans l’anorexie, conduite automatique chez le fumeur). Ils s’appuyent sur leur créativité et un imaginaire donnant toute sa place à la stratégie pour que les sujets puissent se réapproprier leur responsabilité dans le soin.

Nous retrouvons la qualité des chroniques habituelles, l’humour de Stefano et Muhuc, les situations cliniques richement décrites par Sophie Cohen, Adrian Chaboche et Nicolas D’Inca : à lire et à se laisser imprégner.

Ce numéro rend également hommage au Professeur Peter B. Bloom, ancien président de l’ISH qui vient de nous quitter le 10 septembre 2022 à l’âge de 86 ans. Dans une interview donnée à Gérard Fitoussi, il souligne l’importance de la créativité dans notre pratique et son espoir que l’hypnose continue à favoriser les rencontres et à nous faire partager des histoires de vie.

Crédit photo © Michel Eisenlohr




Rédigé le 23/08/2023 à 19:28 | Lu 4804 fois | 0 commentaire(s) modifié le 27/08/2023





Laurent GROSS
- Formateur en Hypnose Médicale, Ericksonienne et EMDR - IMO au CHTIP Collège Hypnose Thérapies... En savoir plus sur cet auteur

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