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Douleur chronique: une ignorance qui structure.


Par Antoine Bioy
Docteur en psychologique clinique attaché au CETD du CHU Bicêtre. Professeur de psychopathologie et psychologie médicale, Université de Bourgogne



Au fil des ans, la place et le rôle de l’hypnose dans le soin aux patients douloureux chroniques se sont précisés. Il aura fallu vingt années d’expérimentation pour mieux savoir et apprécier comment elle peut être utile. Et parvenir à des conceptions dont la subtilité témoigne que nous sommes maintenant entrés dans une ère de plus grande maturité.

La douleur est sans nul doute l’indication reine de l’hypnose. Elle est historiquement présente dès les premiers pas de la méthode hypnotique au 18ème siècle, cette même douleur est le phénomène le plus étudiée scientifiquement dans ses interactions avec l’hypnose, et enfin la lutte contre les syndromes algiques est de très loin le domaine où l’hypnose est la plus représentée en secteur sanitaire (hôpitaux…). Et pourtant beaucoup d’inconnues subsistent. Par exemple, si l’on comprend maintenant bien la façon dont l’hypnose interagit avec la douleur des point de vue neurophysiologique et aussi psychologique, son action sur la douleur chronique reste plus nébuleuse quant aux mécanismes à l’œuvre. La raison principale est qu’il n’existe pas de modèle expérimental permettant de reproduire la douleur chronique dans l’ensemble des dimensions qu’elle convoque : temporalité déconstruite, co-morbidités psychopathologiques importantes, dynamiques relationnelles altérées, etc.

Cliniquement, cela se traduit par une plongée dans le principe d’incertitude si cher à l’exercice dans le soin physique et psychique. L’hypnopraticien est ainsi amené à faire constamment du sur–mesure, tout en maintenant une attention continue sur les variations que le patient ressent de son expérience douloureuse, au contact de l’hypnose. Enfin, pour terminer cette introduction, précisons que la douleur constitue sans doute le signe le plus omniprésent en pratique clinique. D’abord parce qu’elle peut exister en soi, bien sûr (lombalgies, migraines…), mais aussi parce qu’elle peut accompagner nombre de pathologies somatiques (cancers, certains troubles neurologiques, etc.). Également, l’expérience douloureuse est présente dans de nombreux troubles psychopathologiques, dont la dépression. La comprendre et savoir comment l’approcher en pratique fait donc presque partie du bagage incontournable de tout professionnel exerçant dans le champ de la santé.

EXPRESSION DE LA DOULEUR ET MÉTAPHORES

Curieux phénomène donc que celui de la douleur, qui continue à se poser en énigme. Langage universel depuis le premier cri du bébé, la douleur est à la fois une expérience et une communication à l’autre via la plainte qui en découle. Pourtant, il n’est pas possible de communiquer à l’autre ce que l’on éprouve réellement lorsque nous souffrons. Les mots manquent, le comportement est limitant. Aussi, le patient va faire appel aux métaphores, simplement car il s’agit de la forme de communication dont l’intention est de susciter non pas compréhension chez l’autre, mais un ressenti, un éprouvé. C’est pour cela que les métaphores sont si souvent utilisées, notamment en poésie. Aussi, tout patient aura du mal à décrire la réalité de sa douleur neuropathique, sauf à utiliser des images telles que : « Ce sont des décharges électriques », « J’ai des fourmillements constants, ma douleur grésille sans cesse ». Or, précisément, en hypnose, l’utilisation des métaphores est omniprésente. Autrement dit, l’hypnose est une façon d’employer la même langue que le patient, celui de sa souffrance, mais en lui proposant une perspective différente par rapport à elle. Ainsi, le patient fait l’expérience douloureuse de ses décharges électriques. En hypnose, le fait de lui rendre sa métaphore sur une scène différente, celle de l’imaginaire, permet de prendre la distance nécessaire pour modifier la façon dont la réalité est perçue (dissociation psychique), tout en suggérant une modulation du percept : « Et ces décharges-là, dont vous éprouvez la présence, l’intensité et le rythme, comment les enfermer par exemple dans la gaine isolante que vous évoquiez à l’instant ? ».

Plus que cela, nos recherches ont montré que l’un des puissants leviers de l’hypnose résidait dans le maniement des analogies du discours, à l’instar des processus métaphoriques. Et nous avons prôné un usage plus intentionnel des métaphores au sein de la pratique hypnotique, tout en proposant une méthode structurée pour ce faire. Il ne s’agit pas de formuler de simples suggestions d’analgésie ou d’anesthésie, mais de les adapter au monde du patient en usant de ses propres images, ou en proposant des métaphores plus structurées et construites par analogie avec la façon dont le patient dit vivre sa situation douloureuse. Par exemple, ce patient qui décrivait sa situation ainsi : « Je ne pouvais pas imaginer une telle oppression. J’ai constamment l’impression que la douleur est là, présente, qu’elle me pressure et me broie par sa présence. Et quand elle n’est pas là, c’est l’angoisse de la voir revenir, qu’elle m’empêche de vivre. Parce que je sais que je sais encore vivre ».

Il est possible de reprendre les images du patient et lui rendre sur la scène de l’hypnose (en travaillant sur le ressenti d’oppression, par exemple). Mais on peut aussi proposer un travail autour de l’histoire d’une noix et du casse-noix ; une noix qui résiste car elle sait qu’elle est encore verte et que ce n’est pas son destin de finir si tôt et ainsi. Et plus elle résiste, et plus la pression se fait grandissante. Puis elle apprendra à se servir qu’elle soit encore verte pour laisser un peu plus de souplesse la guider, jusqu’au moment où cette fluidité de ses forces encore vertes pourra lui permettre de glisser hors des dents du casse-noix. L’expression de la douleur est métaphore car la métaphore est le langage de la souffrance qui ne sait pas se dire autrement. L’hypnose, par le jeu autour des analogies qu’elle propose, est une réponse à cette expression de la douleur, et au-delà, à l’expérience qui lui est liée.

LA SOUFFRANCE : LA PÉNIBILITÉ ASSOCIÉE À LA DOULEUR

Mais finalement, de quoi parle-t-on lorsque l’on parle de « douleur » ? Elle est définit selon l’IASP comme « une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle, ou décrite dans des termes évoquant une telle lésion ». Cette définition possède l’avantage de tenir compte des deux dimensions de la douleur : sensorielle et émotionnelle/affective. Dans une perspective clinique cependant, nous lui préférons celle de Price : « la douleur est une perception somatique qui comporte :

- (a) une sensation corporelle possédant les critères énoncés lorsqu’un tissu est lésé,

- (b) un vécu de menace associé à cette sensation,

- (c) un sentiment de déplaisir ou tout autre émotion négative s’appuyant sur ce vécu de menace ».

Pour lui : « L’expérience de la douleur n’est jamais un événement sensoriel isolé, et qui arriverait sans l’influence d’une part d’un contexte donné et d’autre part d’une signification qui lui est associée. La douleur est imprégnée d’une croyance, d’une attention, d’une attente et d’émotions au regard de la façon dont elle arrive dans le cadre d’expériences contrôlées en laboratoire ou dans des circonstances d’un trauma physique ou d’un stress émotionnel ». Par ailleurs, Price explique que « la dimension affective de la douleur possède une fin qui est le fruit de plusieurs facteurs, incluant la sensation de douleur elle-même, son réveil, son activation automatique et sensorimotrice, et également l’évaluation cognitive qui intervient de façon importante ».

Ces définitions brossent pour le dire, un singulier portrait de la douleur. En effet, elles soulignent que ce qui fait la douleur n’est pas la reconnaissance de sa présence, du percept que l’on peut ressentir. Car la douleur n’est finalement qu’une information parmi les milliers d’autres qui arrivent au cerveau à chaque seconde. Ce qui fait que la douleur prend une place si importance dans les questions de santé est dû au fait que se trouve associée à cette information « douleur » un niveau de pénibilité important, une dimension de dés agrément qui envahit le sujet jusqu’à l’insupportable. Ce que demande le sujet n’est pas véritablement que l’on supprime la perception douloureuse, mais bien le cortège de souffrance qui l’accompagne. Ainsi, un patient dont la douleur arrive dans la zone du « perceptible mais supportable » (moins de 2 sur 10 sur l’échelle visuelle analogique) est soulagé, c’est-à-dire soulagé de l’intolérable qui accompagne la douleur.

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Ce hors-série traite des multiples visages de la douleur et explore les ressources créatives des patients et des thérapeutes.
Edito :“Mille douleurs“ Thierry Servillat
“Aide à l’accouchement“. Une hypnose extemporanée. Yves Halfon.
“Urgences en souffrances“. Les sphères de l’antalgie. Franck Garden-Brèche
“L’hypnose du dentiste“. D’abord pour le soignant ! Kenton Kaiser
“Après la torture“. Une hypnose hors du commun. Emmanuel Héau.
“Chirurgie carcinologique du sein“. Bénéfices hypnotiques. Fabienne Roelants et Christine Watremez
“En mode existentiel“. Témoignage auto-hypnotique. Sophie Cohen
“Douleur chronique“. Une ignorance qui structure. Antoine Bioy
Hypno-photomontage. Pierre-Henri Garnier
Coïncidences : “Les madeleines ou le secret du monde“ Jean-Pierre Meyzer
Humeur : “Avant de partir pour Terra Hypnosia“ Imelda Schwartz Haehnel

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Rédigé le 05/08/2018 à 18:57 | Lu 10 fois | 0 commentaire(s) modifié le 05/08/2018




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