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De la loyauté à la trahison. Comment ne plus déprimer ?


Par le Dr Bruno Dubos, Psychiatre et psychothérapeute.
Formateur en hypnose et thérapie brève, superviseur pour Emergences Rennes, l’Institut de Médecine Psychosomatique d’Hypnose Clinique et de Thérapie Brève et l’AFEHM.



Puissant facteur d’humanisation et d’organisation sociale, la loyauté peut devenir pathogène lorsqu’elle nous lie à une personne, le plus souvent un parent, qui est en difficulté. Bruno Dubos nous en explique les mécanismes ainsi que des possibilités thérapeutiques en présentant le cas de Marc.

Pendant mes années de formation au métier de psychiatre, la « dépression » m’a toujours été présentée et enseignée :

Selon des critères de « maladie ».

Réunion d’un certain nombre de symptômes regroupés en syndrome, et pouvant être mesurés par des échelles de gravité.

 Selon des critères évolutifs.

Le passage à la chronicité étant considéré (à juste titre) comme la modalité évolutive la plus fréquente, redoutée par les médecins car elle signe le plus souvent l’impossibilité de guérison.

Selon des critères de réponse aux chimiothérapies.

J’ai appris à en repérer tous les signes en me focalisant sur l’individu porteur des symptômes... jusqu’à ma rencontre avec l’hypnose et les systèmes relationnels. L’individu n’était plus seulement « écouté » dans sa souffrance mais pris en compte en tant que personne possédant des apprentissages relationnels et émotionnels, en relation avec sa famille d’origine, ses ancêtres (l’histoire et les mythes familiaux). Une personne qui s’inscrit, comme tout un chacun, dans un processus évolutif l’amenant à passer du statut de bébé à un état de petit garçon ou de petite fille, puis à accéder successivement à l’adolescence et à l’âge adulte. Chaque étape est l’occasion, pour l’individu et son entourage, de bouleversements émotionnels, relationnels ; étape qui nécessite l’acquisition de « compétences » pour mener à bien cette maturation.

Ma rencontre m’a amené à une vision beaucoup plus globale, celle de la complexité du patient et de son système relationnel. Complexité décrite, pendant mon apprentissage de psychiatre, sous le vocable laconique de « facteurs environnementaux et constitutionnels de fragilité... ».

LE CAS DE MARC

Présentation

Marc a 21 ans. C’est sa mère qui prend le rendez-vous...

Marc y vient seul. Il est voûté et semble au ralenti, vieilli prématurément. Marc ne cadre pas avec l’image ordinaire que je peux avoir d’un jeune homme de vingt ans. Sa gestuelle est pauvre et peu expressive.

Il m’explique d’emblée qu’il a vu un psychiatre pendant un an et demi pour, d’après son médecin, une dépression mélancolique. Il a pris plein de médicaments et les a arrêtés, il y a trois mois, parce qu’ils étaient inefficaces et le rendaient malade... « Je n’ai plus d’idées noires mais j’ai des angoisses tout le temps ».

Lorsque je lui demande quelles en sont les conséquences, il m’explique qu’il ne sort quasiment plus, n’est plus scolarisé depuis le début des problèmes, ne voit plus ses amis : «Je fais juste un peu d’ordinateur et je regarde des séries à la télé ».

Le courrier du médecin traitant (fort décourageant par ailleurs) m’informe que Marc présente une dépression chronique mélancolique résistante, ayant fait envisager une prescription de neuroleptique, idée abandonnée suite au refus de son patient et à la non observance des traitements proposés.

Première intervention et hypothèse diagnostique

Je demande à Marc deux choses :

Quand, selon lui, les problèmes ont-ils commencé ? Il m’informe du décès de son père il y a trois ans, à l’âge de soixante ans, d’un cancer. Quel serait, selon lui, le plus petit changement possible compte tenu de son état ? « J’aimerais pouvoir me concentrer un peu plus sur l’ordinateur.»

Si nous restons dans des considérations purement individuelles, le diagnostic est incontestable, sans appel et décourageant : Marc présente des symptômes typiques de dépression, ce syndrome évolue depuis plus de six mois et est résistant aux médicaments antidépresseurs correctement administrés sur plusieurs mois avant l’arrêt spontané par le patient.

Mais si, pendant un instant, nous abandonnons cette métaphore fermée en regardant Marc de façon plus globale, il apparaît une toute autre histoire que j’appellerai «le processus d’arrêt de Marc». Son enfance et son adolescence se sont déroulées sans problèmes majeurs. Il est fils unique d’un couple où il existe quinze ans de différence d’âge.

Son père, qui n’avait pas eu d’enfant avant la rencontre avec la mère de Marc, a fait la connaissance de celle-ci lorsqu’elle était jeune. Marc me dit que son père, aisé financièrement, prenait beaucoup soin de sa femme et un peu moins de lui, son fils. Cela le peinait un peu mais Marc avait ses amis, faisait beaucoup de sport et passait donc assez peu de temps à la maison.

Survient le décès du père, très rapide, six mois après le diagnostic initial. Marc a été affecté bien sûr par cette disparition mais sa mère est entrée, semble-t-il, dans une dépression grave (hospitalisation, traitement antidépresseur, arrêt de travail de plus de 6 mois). « Elle avait très peur qu’on se trouve à la rue. C’était bizarre car je sais que mon père avait plein d’assurances- vie ».

C’est dans ce contexte que Marc s’est mis à ne plus dormir, à faire des cauchemars, des crises de panique à l’école qui l’obligent à rentrer à la maison. Les idées noires se sont installées et la suite s’est enchainée inexorablement.

La vie physique et psychique est un continuum permanent marqué par des cycles de changement qui correspondent à des étapes de maturation, à l’acquisition de compétences relationnelles et émotionnelles.

Le processus d’arrêt

Une particularité simple et évidente est que, pendant toute notre vie, nous sommes dans « le mouvement » : grandir, quitter la maison, faire des projets, construire une famille. Somme toute, avancer dans sa vie. Ce processus naturel s’est arrêté pour Marc à un cycle de sa vie (post adolescence) où il aurait dû prendre son envol : Marc s’est arrêté.

Dans l’approche de tout problème, je ne me pose pas la question du pourquoi des problèmes mais :

Quelle est l’étape de la vie du patient à laquelle sont survenus des changements majeurs, des ruptures du continuum. Comment le problème se perpétue et s’entretient. Que se passerait-il si les symptômes disparaissaient ?

Claude Virot a remarquablement développé la notion de dépression instable, chaotique, aiguë, propice aux changements, par opposition aux dépressions stables et chroniques qui traduisent souvent une impossibilité à trouver des solutions et des ressources pour passer à une autre étape de sa vie.


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“De la couleur avant toute chose. Sept modèles de changement dans la dépression“. Claude Virot
“Comment ne plus déprimer. De la loyauté à la dépression“. Bruno Dubos
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“L’avenir de la psychothérapie en hypnose“. La rubrique Humeur de ce n° a été confiée à Stephen Lankton, rédacteur en chef de l’American Journal of Clinical Hypnosis. Il nous interroge sur « la preuve scientifique » et « le bon sens » dans le domaine de l’hypnose. Traduction d’Armelle Touyarot.

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Rédigé le 02/08/2018 à 22:50 | Lu 25 fois | 0 commentaire(s) modifié le 02/08/2018




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