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Chirurgie dentaire et hypnose: la peur de la douleur


Revue Hypnose & Thérapies Brèves, Hors-Série n°3
Par Jihad ZEIDAN - Docteur en chirurgie dentaire. Formation à l’hypnose et thérapies brèves à l’Arepta Nantes.



Chirurgie dentaire et hypnose: la peur de la douleur
Nos soins nous confrontent chaque jour à la douleur sous ses différentes formes. Celle-ci se manifeste en effet, en particulier dans le domaine dentaire, de diverses manières : la douleur par excès de nociception : pulpite, abcès dentaires... ; la douleur ressentie ou perçue lors des soins ; les douleurs postopératoires.

Mais celle qui est de loin la plus importante, reste la douleur anticipée, autrement dit la peur de la douleur. Il ne faut d’ailleurs pas croire que celle-ci, notamment dans un cabinet dentaire, est l’exclusivité des enfants. Beaucoup d’adultes subissent eux aussi leurs peurs, parfois élevées au rang de phobie, sans pouvoir les contrôler.

Inutile de rappeler l’image peu reluisante dont la dentisterie peut aujourd’hui encore pâtir dans beaucoup d’esprits et dans l’imaginaire collectif. Le temps des « arracheurs de dents » n’est pas si lointain que ça, et la reconnaissance de la discipline dentaire en tant que spécialité médicale obligatoire ne date que de 1906. Il a fallu des décennies pour que, il y a à peine quelques années, le traitement de la douleur soit apprécié à sa juste valeur et développé comme un volet fondamental de l’acte dentaire. Avant cela, il était normal d’endurer la douleur sur le fauteuil du dentiste, il était admis qu’il faille « souffrir pour être beau ». N’oublions pas que l’usage courant de l’anesthésie est très récent.

Certes, les évolutions fulgurantes qu’a connu la dentisterie ces dernières années, bien qu’elles mettent du temps à se généraliser à l’ensemble de la profession, ont contribué à rendre les soins beaucoup plus confortables, et à améliorer la prise en charge de la douleur d’un point de vue physique. Il n’en demeure pas moins, malgré toutes ces avancées technologiques, que la peur des soins dentaires persiste chez un nombre non négligeable de personnes. Toute la chimie du monde n’y pourra rien : l’esprit humain et l’imaginaire qu’il développe n’ont pas leur pareil pour faire souffrir le corps.

J’ai pourtant longtemps cru que les améliorations techniques finiraient par chasser les peurs de mon cabinet, en restaurant une confiance en la dentisterie chez mes patients. Au fil des années, j’ai donc investi beaucoup de mon temps dans un large éventail de formations techniques, ainsi que de l’argent dans du matériel de plus en plus perfectionné. Je ne peux pas dire que cela n’a pas eu un impact positif, car j’ai évidemment beaucoup appris, et c’est ce qui m’a permis de rester à la pointe. Mais force était de constater que cela ne suffisait pas à rassurer tout le monde, et que la peur persistait chez un nombre important de personnes. Cette situation me contrariait, je n’arrivais pas à comprendre pourquoi, même quand le soin se passait, de mon point de vue, de façon confortable, certains patients revenaient au rendez-vous suivant tout aussi crispés qu’au précédent, ou bien me disaient, une fois les soins finis, qu’ils reviendraient à la prochaine douleur. Le patient n’est, de plus, pas la seule victime de ce climat de tension. Il est clair que ce stress, engendré par nos soins, comme c’est le cas dans certaines autres professions médicales, rejaillit implicitement et insidieusement sur l’équipe dentaire, et que certaines de nos journées en viennent à être harassantes, avec leur lot de frustration, de fatigue psychologique et physique. Dans le pire des cas, cela peut mener certains confrères à ce que l’on appelle le « burn out », c’est-à-dire l’épuisement moral et physique total. Plus généralement, ce stress est tout simplement une source d’inconfort patente pour le praticien comme pour le patient, à différents degrés dépendants de l’expérience, de la personnalité et du vécu de chacun.

L’hypnose m’a permis de comprendre ce qui manquait à mon exercice de ce point de vue : l’établissement d’une relation humaine, au sein de laquelle chaque élément de la chaîne de soin peut s’insérer logiquement, et autour de laquelle peut se développer mon savoir-faire technique. Elle m’a permis de comprendre que la douleur est plus multiple et plus complexe qu’il n’y paraît, que sa perception dépend majoritairement de chaque individu et de son vécu, et enfin que sa composante émotive est très importante. Grâce à cette méthode, je pense aujourd’hui mieux comprendre mes patients, leurs peurs et leurs réticences, celles-là mêmes qui autrefois rendaient certaines personnes particulièrement difficiles et stressantes à soigner, et me faisaient porter sur eux un jugement parfois négatif.

Dans cet article, je n’aborderai pas les douleurs chroniques, mais uniquement les douleurs aiguës. Les douleurs chroniques sont des douleurs de longue durée, et ont en effet une composante psychologique plus profonde, qui nécessite une prise en charge pluridisciplinaire plus spécifique. Je m’efforcerai en revanche de décrire en quoi l’hypnose peut nous aider dans la gestion de la douleur aiguë et de la peur de la douleur, et en quoi elle peut améliorer notre exercice professionnel. Je le ferai à travers des exemples concrets de cas que nous avons pu traiter dans mon cabinet.

Qu’est-ce que l’hypnose ? Je ne répondrai pas ici en termes très techniques à cette question car beaucoup de livres et d’articles sont écrits sur le sujet. Pour notre cas, l’hypnose est avant tout un extraordinaire outil de communication, qui permet d’apaiser les craintes de nos patients, de valoriser leur sentiment d’être pris en charge humainement et d’être compris. En découle souvent une atténuation ou une disparition des peurs, et donc de la douleur par anticipation. Dans les cas de douleurs aiguës, l’amélioration est de même flagrante.

En dentaire nous pouvons utiliser l’hypnose de deux façons : l’hypnose formelle et l’hypnose conversationnelle. Dans les deux cas, il est important, voire essentiel, de parler le langage du patient. Si nous traitons un enfant, il nous faut adapter notre langage au sien en fonction de son âge. Pour un adulte, nous reprendrons son vocabulaire et ses expressions, voire sa posture, afin d’établir le lien et l’alliance, éléments centraux en hypnose.

L’hypnose formelle consiste à demander au patient adulte de trouver dans son vécu un souvenir agréable, où il se sent bien et en sécurité. C’est la base du processus car, ne l’oublions pas, notre patient, celui qui a peur, se sent en insécurité totale chez nous. Le cabinet dentaire est pour lui un lieu hostile. L’hypnose est là pour le guider, à travers son histoire personnelle, vers un sentiment de sécurité.

Avec l’enfant, en général, il est plus efficace de s’orienter vers une activité, ou tout simplement un jeu. Bien sûr, l’éventail des actions est beaucoup plus large que cette brève description ne le laisse paraître, et les possibilités de créer un environnement de sécurité sont infinies.

En hypnose formelle, donc, le patient ferme les yeux (ce n’est pas une constante) et vit son histoire comme un film qu’il se projetterait en séance privée, se dissociant des soins en les laissant se dérouler « dans la pièce d’à côté ».

L’hypnose conversationnelle consiste également à ce que le patient trouve un espace de sécurité dans notre cabinet, en créant là aussi le lien et l’alliance avec lui. L’hypnose conversationnelle est pour moi un terrain de jeu et de complicité avec les enfants comme avec les adultes. Elle procède un peu plus d’un dialogue. Il suffit de raconter une histoire, d’évoquer un souvenir personnel, de jouer au foot, de vivre un dessin animé, ou parfois simplement de parler en utilisant des mots agréables, je m’adapte en permanence à mon patient. Si le jeu peut paraître compliqué de prime abord, il devient de plus en plus simple et ludique à force d’être pratiqué. Et là aussi les possibilités de l’hypnose conversationnelle sont infinies, c’est d’ailleurs en grande majorité cette technique que j’utilise dans mon activité, de façon presque permanente.






Rédigé le 18/07/2018 à 01:09 | Lu 35 fois | 0 commentaire(s) modifié le 18/07/2018





Marion CHERVY
Rédactrice en Chef de la Revue Hypnose et Thérapies Brèves Web. Chargée de Communication au sein... En savoir plus sur cet auteur

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