Hypnothérapie
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Paris

Hypnose Ericksonienne, Médicale et Thérapeutique. Thérapies Brèves, EMDR. Formations en Hypnose, Formation en EMDR, Thérapeute des Instituts Milton Erickson à Paris, Marseille, Bordeaux, Nancy

Editorial du Pr Gérard OSTERMANN pour la Revue Hypnose et Thérapies Brèves 67




« Les arbres de l’infinie douleur » Les trois articles de ce dossier nous invitent à garder en tête lors des rencontres parfois difficiles avec les patients douloureux chroniques les recommandations suivantes : - Croire à la réalité de la douleur. Respecter la plainte et son mode de présentation.

- Ouvrir au patient un espace vide où il va pouvoir s’exprimer sans limites.
- Reprendre l’histoire de la trajectoire de soins y compris de ses échecs.
- Elargir la plainte et intégrer un modèle multidimensionnel. Rechercher un événement traumatique, y compris deuils et séparation.
- Changer de paradigme de soins et introduire la notion de durée.
- Se garder de tout préjugé et être dans une « écoute non armée », c’est-à-dire ne plus lire à travers la grille scientifique qui réduirait chaque corps à un corps anonyme.
- Ne pas rejeter le patient en cas d’échec.
- Le thérapeute est là pour permettre une expérience.
- Identifier ses propres sentiments et savoir se faire aider. Situation paradoxale que celle des douloureux chroniques, puisque la douleur plus que bien d’autres symptômes inscrit la relation soignant-soigné sous le sceau de l’urgence, et que parallèlement, plus que jamais, il peut être ici nécessaire de prendre son temps pour mieux comprendre et ne pas se laisser entraîner vers des décisions intempestives qui pourraient s’avérer être des impasses.

Douleurs d’amputation depuis trois ans Je dois à la vérité de dire que l’article de Véronique Betbèze m’a particulièrement touché car il a fait remonter en moi le souvenir des douleurs insupportables du membre fantôme dont souffrait mon père, amputé d’une jambe pendant la dernière guerre. Il s’agissait de douleurs du moignon d’amputation au niveau de la cuisse et rien ne le soulageait véritablement quand la crise d’algohallucinose était présente. On sait bien aujourd’hui que l’algohallucinose est la conséquence de la privation d’influx.
Elle est quasi constante chez les amputés de membres. Elle a beau être une illusion sensorielle, le vécu douloureux, lui, est bien réel ! Bien évidemment nous ne connaissions pas à l’époque l’intérêt thérapeutique de l’hypnose pas plus que la réalité augmentée, qui consiste à intégrer des objets virtuels dans une séquence d’images réelles et qui peut être utilisée avec profit dans la prise en charge des douleurs fantômes. Ce syndrome, qui affecte 70 % des amputés et résiste aux traitements dans de nombreux cas, regroupe les sensations pénibles ou douloureuses ressenties au niveau d’un membre manquant. Aujourd’hui le traitement est associatif entre prévention antalgique, antidépresseurs, antiépileptique, hypnose, thérapie miroir, et réalité virtuelle depuis peu. « L’hypnose comme remise en mouvement » est le sous-titre bien trouvé de l’article de Véronique Betbèze, qui nous démontre s’il en était besoin que la douleur se manifeste lorsque « la vie ne circule plus ». En deux séances chez un patient de 72 ans avec un passé médical plutôt chargé, le processus hypnotique s’inscrivant dans une relation bien accordée a permis que le vivant re-circule ! Il y a toujours une demande de reconnaissance et de légitimation et c’est bien la qualité d’une telle reconnaissance d’une telle légitimation, perçue en retour par le patient, qui va conditionner le succès total partiel ou nul de l’action thérapeutique. Or cette reconnaissance, cette légitimation, passe en grande partie par le discours du thérapeute sur la douleur de son patient, la façon de mener l’entretien, la nature des questions posées, les commentaires effectués et qui témoignent du degré de curiosité empathique du thérapeute. Les explications données mais aussi bien sûr les gestes physiques complétant le cas échéant l’examen du patient et destinés à leur manière à faire parler le corps souffrant et énigmatique qui est en définitive le support de toutes sensations douloureuses.
Pratiquer l’autohypnose dans la gestion de la douleur chronique

Gratitude à David Ogez et Maryse Aubin pour leur belle invitation illustrée à pratiquer l’autohypnose. Le patient assume à la fois la fonction d’opérateur et celle de sujet, se faisant lui-même des suggestions. L’autohypnose permet à l’évidence de développer la créativité, la relaxation et la mémoire, et de pallier effectivement des douleurs chroniques. Le docteur H. Gilbert Welch (1), auteur d’un ouvrage, Moins de médecine, plus de santé, affirmait que les médecins se sentent souvent obligés de faire quelque chose, prescrire des médicaments, des analyses, des radios, pour satisfaire leurs patients. Alors que pour lui, si les meilleurs médecins ne font souvent rien, la clé reste une bonne relation médecin/malade. Les meilleurs médecins sont les plus sages, les plus expérimentés qui osent parfois dire à leurs patients que le mieux est de ne pas toucher à leur problème de santé, de laisser agir les forces d’auto-guérison du corps. N’est-ce pas une invitation à la pratique régulière de l’auto-hypnose ?

Hypnose en soins palliatifs

La douleur est un symptôme très fréquent en fin de vie. Elle est source d’angoisse et peut affecter la qualité de vie. La plupart des patients ne souhaitent qu’une chose : être soulagés de toute douleur.
Magali Farrugia illustre ce que peut être un accompagnement où la patiente en fin de vie est humainement considérée. « Un chemin vers les étoiles » : un subtil sous-titre de l’article qui nous invite à revenir sur l’étymologie de « considérer », emprunté du latin considererare (qui vient de sidus = étoile) : examiner attentivement par les yeux et la pensée. En toute fin de vie, en cas de douleur réfractaire, le patient a depuis la loi du 2 février 2016 le droit de demander une sédation profonde et continue jusqu’au décès. Qu’il me soit permis de terminer cet éditorial par ces quelques vers de François Cheng empruntés aux Cinq méditations sur la mort, autrement dit sur la vie (2) « Les arbres de l’infinie douleur, Les nuages de l’infinie joie, Se donnent parfois signe de vie, A la lisière du vaste été. Les alouettes passent à travers Sans rien saisir de leurs paroles Une source les retiendra seule Pour donner à boire aux morts. ».





Pr Gérard OSTERMANN

Professeur de thérapeutique, médecine interne, psychothérapeute. Administrateur de la Société française d’alcoologie, responsable du diplôme d’université de Pathologie de l’oralité, Bordeaux 2.

Commandez la Revue Hypnose & Thérapies brèves n°67

N°67 : Novembre / Décembre 2022 / Janvier 2023

- Dans un très beau texte, drôle et subtil, Virginie Lagrée rend hommage à la créativité et à l’éthique des familles d’accueil thérapeutique adultes. Elle nous montre, à partir de nombreux exemples, toutes les stratégies développées par ces familles, en lien avec une fine observation des relations tissées au fil de la vie quotidienne. Connaissant bien la pratique de l’accueil familial, devant la qualité de la prise en charge de tous ces patients, pour la plupart psychotiques, on peut s’étonner du peu de services de cette nature dans la psychiatrie publique. Un joli moment d’émotion et de réflexion sur la capacité de chacun à faire confiance à son inconscient.

- Julien Betbèze : Edito : Didier Michaux, chercheur et passeur de l’hypnose

- Quel plaisir d’accueillir dans ce n°67 la réflexion de Dominique Megglé sur la manière de comprendre la psychopathologie à partir de l’hypnose. Il décrit dans les peurs névrotiques le rôle majeur de la peur de l’oubli, de la peur de la nouveauté, et le rôle de l’hypnose profonde pour les traverser. Il souligne l’importance de la ratification et de la qualité relationnelle et développe une hypnopathologie passionnante sur la compréhension de ces différents troubles psychiatriques.

- Michel Ruel nous fait part de son expérience sur le travail avec les endeuillés. Il souligne l’inventivité des hypnothérapeutes français pour retrouver un lien avec les personnes disparues, lien indispensable pour faire un travail de deuil et favoriser un nouveau départ.

- Bogdan Pavlovici nous fait découvrir une approche novatrice en pédopsychiatrie pour rentrer en contact et faire lien avec tous ces enfants réticents qui peinent à s’investir dans une dynamique de soins. A travers l’histoire de Nicolas, 9 ans, il décrit le rôle de la transe hypnotique dans l’écriture des lettres envoyées par le thérapeute, et leur effet thérapeutique en retour chez l’enfant et sa famille.

En couverture : Lisa Bellavoine : Créer le regard

Espace Douleur douceur
. Gérard Ostermann : Edito : Les arbres de l’infinie douleur
. Dans « Douleur d’amputation », Véronique Betbèze détaille les deux séances d’hypnose qui lui ont permis de remettre en mouvement un patient amputé.
. Magali Farrugia nous explique comment l’hypnose peut compléter l’accompagnement d’une patiente en soins palliatifs et détaille les séances avec une patiente atteinte d’un cancer de l’estomac. Un chemin vers les étoiles.
- David Ogez et Maryse Aubin nous invitent à pratiquer l’autohypnose. A travers le récit de Maryse, patiente en clinique de gestion de la douleur au Québec, nous apprenons comment un programme d’entraînement à l’autohypnose qui vise à réduire les douleurs chroniques des patients et réduire la prise en charge de médication opioïde est mis en place.
. Un hommage à Didier Michaud, chercheur et passeur de l’hypnose qui vient de nous quitter. Isabelle Ignace, Yves Halfon, Jean-Marc Benhaiem, Brigitte Lutz, François Thioly, Gaston Brosseau, Sophie Cohen.

Rubriques :
. Quiproquo : Stefano Colombo et Mohand Chérif Si Ahmed : Le deuil

Culture du monde :
. Nicolas D’Inca : Se libérer du paradoxe – Du zen à l’école de Palo Alto
. Bonjour et après : Sophie Cohen : Le poids du couple… gagner en légèreté

Les grands entretiens : Rubin Battino interviewé par Gérard Fitoussi

Crédit Photos © Lise Bellavoine

Forum de la CFHTB à Bordeaux en 2024

En 2024, Sylvie COLOMBANI-CLAUDEL et Blandine ROSSI-BOUCHET, à l'occasion du Forum de la CFHTB à Bordeaux auront le privilège d'avoir le Pr Gérard OSTERMANN et Lionel NACCACHE en invités d'honneur !

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Rédigé le 18/08/2023 à 15:31 | Lu 5096 fois | 0 commentaire(s) modifié le 18/08/2023





Laurent GROSS
- Formateur en Hypnose Médicale, Ericksonienne et EMDR - IMO au CHTIP Collège Hypnose Thérapies... En savoir plus sur cet auteur

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