Hypnothérapie

Hypnose Ericksonienne, Médicale et Thérapeutique. Thérapies Brèves, EMDR. Formations en Hypnose, trouvez un Praticien, Thérapeute des Instituts Milton Erickson à Paris, Marseille

Laurent GROSS, Hypnothérapeute, EMDR, IMO, Thérapies Brèves Orientées Solution à Paris 11

Florent HAMON, Hypnothérapeute, Thérapeute EMDR à Paris.

Laurence ADJADJ, Hypnothérapeute, EMDR - IMO, Thérapies Brèves Orientées Solution à Marseille

Valérie TOUATI-GROSS, Hypnose Thérapeutique, EMDR - IMO, Thérapies Brèves et Ostéopathie à Paris 11 et 12

Dr Philippe AÏM, Psychiatre, Hypnothérapeute, Thérapies Brèves Orientées Solution. Paris

Mariline MORCILLO, Hypnothérapeute et Infirmière sur Marseille et Paris

Théo CHAUMEIL, Kinésithérapeute et Praticien en Hypnose. Chargé de Formation à Paris et Marseille

Sophie TOURNOUËR, Hypnothérapeute, Psychologue clinicienne et Thérapeute Familiale

De la nature végétale de l'hypnose. Par le Dr Patrick Bellet.


Trans-Hypno-Botanique Tour
A Francis Hallé, navigateur des cimes
Ce texte est inspiré par l’approche « naturaliste » de Milton H. Erickson, son goût pour les jardins, l’exploration des « expériences subjectives » et les histoires… Merci à son audacieux optimisme !



De la nature végétale de l'hypnose. Par le Dr Patrick Bellet.
Cette expérience s’est déroulée il y a maintenant deux ans et j’ai tardé à la raconter, n’osant pas le faire de crainte d’être mal compris. Elle m’a, longtemps, semblé comme une parenthèse étrange. Une éclipse dans le temps et la raison. Une sorte d’effraction. Pourtant rien ne laissait présager ce qui allait se passer.

Tout cela commença en un début d’après-midi, comme tant d’autres, dans le sud de la France en été.

Un après-midi tranquille, confortablement installé dans un hamac qui se balance, imperceptiblement, entre deux pins noueux.

Mes yeux se ferment. Une légèreté subtile m’enveloppe. Ne parviennent à mes oreilles que la stridulence rythmique des cigales. Déjà adoucie, estompée.

Le vent lui aussi fait osciller les arbres. Le bercement devient organique. L’espace hésite lentement, puissamment et vacille. Et tout d’un coup, les événements s’accélèrent. Les branches s’étirent, deviennent les cordes du hamac. Moi-même je sens un changement infime, ténu, mais évident. Indéfinissable. Mon corps devient branches lui aussi, l’oscillation s’amplifie avec l’impression de devenir l’arbre. Je résiste, mais cette sensation qui m’envahit est la plus forte ! Mon esprit lutte encore... Cette impression vient-elle de moi ou vient-elle de l’arbre ? En tout cas, une compréhension nouvelle se fait jour. Comme si le langage végétal me devenait accessible. Une étonnante découverte.

Et j’ose à peine le dire tellement ça dépasse l’entendement. Pourtant cette idée s’impose à moi. Je suis devenu une plante ! L’espace grandit peu à peu. Mon corps et mon esprit prennent la taille d’un gabarit inouï. C’est très étrange, il me semble percevoir différemment.

A la fois des sensations amorties, les sons ont changé, plus musicaux ; mais aussi, d’autres perceptions plus insolites et inconnues affleurent. Un bouleversement immobile et tranquille, et à la fois une intense activité intérieure, se développent. Présent et spectateur, ce que j’observe est réellement stupéfiant. Comme s’il m’était donné d’entrer dans un monde familier et jusque-là inaccessible. La lumière n’est pas la même non plus, je sens bien qu’il se passe quelque chose de nouveau dans lequel le temps prend son temps : Avant l’heure, c’est déjà l’heure.

Et après l’heure, c’est encore l’heure. Et loin de voir ma peau brunir et se dorer sous l’effet du soleil, elle devient verte ! Verte ! Je « chlorophyllise »… tandis qu’une énergie insoupçonnée commence à parcourir mon corps ! Cette énergie est troublante. Comment dire, comme de la sympathie. Une sympathie inédite dans laquelle l’arbre m’a admis, m’accueille pour me donner un peu de ses connaissances. Comme s’il, comme s’il me parlait... Et voilà ce qu’il me confia ce jour-là : « Nous sommes très anciens, nous les végétaux sur cette terre. Sais-tu que nous y vivons depuis 380 millions d’années et que nous t’avons protégé, toi l’homme, dans l’entrecroisement de nos branches avant que tu n’en descendes pour accomplir ton destin il y a seulement 3 millions d’années. » « Je vais te raconter une histoire. Vas-y ! Embarque !

Bien sûr au début, la pirogue va tanguer un peu, avant de quitter la berge pour trouver son équilibre. » Elle glisse silencieuse, sans rameurs… « Les pagaies invisibles, pourtant, s’accordent au clapot sur la coque et jouent la musique du fleuve. Peut-être des barrages, des retenues apparaîtront qui s’effaceront aussi facilement que ta main écarte un rideau... Cette histoire, c’est l’histoire de l’inaperçu, de l’évidence indiscernée. Tu es souvent inconscient de tout ce que tu possèdes, de tes ressources souvent gaspillées. Regarde-nous les arbres, les plantes ! Regarde ! Regarde ! Nos feuilles, nos palmes sont de vastes surfaces fixes et apparentes, nos racines sont d’immenses espaces internes et souterrains. Et pourtant c’est grâce à l’espace intérieur de ce tronc évidé que tu occupes, que maintenant tu flottes dans cette pirogue au milieu du fleuve. Le début d’une transportation. Tu es au centre de l’intérieur, le creux et l’intime et qui s’appelle aussi la lumière dans les vaisseaux qu’ils soient véhicule ou réseau, mobile ou immobile...

Goûte au très léger bercement de cette pirogue qui t’emmène plus loin... Elle est comme le calame, le roseau entre les mains du calligraphe sur la feuille. Écoute son bruissement, écoute sa trace, elle ourle la surface de l’eau d’une ondulation fluide et souple. Un effleurement méditatif. Le creux mélodique de la flûte, l’intime percussif du tam-tam qui résonne. Voilà aussi ce qui vit au cœur de nos fibres. Le voyage continue, à son rythme, en suivant les méandres du récit fluvial. Le fleuve est une fable... Regarde encore... Là-bas, un quai de fortune se dessine. Accostage discret, seulement connu de toi. Transbordement. Peut-être un jardin secret. Avec ses arbres silencieux et chantants ! Volière ouverte, colorée et ailée. Nous, les arbres, sommes le lien entre l’air et la terre, comme la mèche de la lampe à huile, un lien entre deux milieux complémentaires. Un lien qui capte la lumière ou bien qui la rayonne... Un ami me l’a dit il y a bien longtemps : Le récit, c’est passer d’un temps à un

LE TEMPS QUI PASSE

Nous accompagnons tous les temps de ta vie. Comme attachés au charme discret de ton être. Nous sommes dans les charpentes des maisons pour t’abriter, dans l’étayage des mines pour t’enrichir, dans les meubles tables, chaises pour ton repos, les baguettes pour manger, dans le parquet pour ton confort, la cheminée pour te réchauffer. Et aussi dans ton intimité. Quand tu graves tes serments d’amour sur notre écorce, en un tatouage à la fois maladroit et charmant. Nous sommes dans tes armoires et tes bois de lits pour les secrets de famille. Et même plus tard dans ton cercueil pour le der- nier voyage comme un radeau pour l’au-delà... Rien de ce qui est humain, conscient ou inconscient, ne nous est étranger. Nous sommes la partie qui prend soin de toi. Goûte à cette balade, calme et tranquille, dans la lumière ombragée du sous-bois. Issues de tous ces troncs, branches et racines, des idées germent et bourgeonnent !

Respire la paix qui émane de cette forêt, hume nos parfums, déguste nos saveurs, nos épices et même apprécie notre aide, tel un remède parmi d’autres, comme celui du saule dont l’écorce soulage tant de douleurs. Tu as, peut-être, oublié que l’aspirine en était son secret salvateur et remarqué, et comme il y a davantage de plantes médicinales que d’animaux médicinaux... Écoute le chuchotement des buissons… Écoute les frissons de la mousse, en connivence, qui ruisselle de confidences poudrées de miel… Sensuelles. Tu sais, des visiteurs célèbres nous ont aimés. Van Gogh, souvent effrayé, affirmait : “Je suis toujours obligé d’aller regarder un brin d’herbe, une branche de pin, un épi de blé, pour me calmer !” ; plus récemment Nelson Mandela, alors prisonnier, se souvenait en disant : “En prison, un jardin est une des rares choses que l’on puisse maîtriser. Semer une graine, la regarder pousser, la soigner et en récolter les fruits procurent une joie simple mais durable. C’était ma façon personnelle de fuir cet univers de béton qui nous entourait”. Je voudrais te dire l’un de mes secrets. Précieux.

Quand tu observes une plante : c’est le temps lui-même qui apparaît. Nous sommes là depuis si longtemps. Je suis toujours étonné de ce rapport à la lumière, sans laquelle la vie ne serait pas. Immobiles, nous la recevons et la transformons en énergie. Par hasard ou chance, un jour, tu as reçu une étincelle, une flamme et ta vie a changé. Tu as grandi, mais nous sommes le combustible, la matière même du feu. Nous sommes ton gîte, ton couvert et ton énergie et aussi capables de concentrer et de déployer les plus infimes parcelles d’entre nous à travers l’espace, l’eau, le sol. Nulle épaisseur, nulle dimension qui ne nous soit pas familière.

Nous sommes ta mémoire, même les herbes folles s’en font l’écho dans ta fantaisie, ta persévérance et peut-être tes utopies ? Il suffit, peut-être, de ne pas les cueillir ! Tu es entré dans le songe d’une herbe, le rêve d’un arbre. Ce mouvement, le vent, qui caresse ton visage, fait bouger nos branches, onduler les prairies et disperse nos graines. Notre tuteur est le vent. Notre mouvement est une danse dont le souffle est la musique et la scène, la terre. Soit notre partenaire. Viens danser ! Découvre cette transe, au-delà et à travers elle, tu connaîtras des univers symbiotiques qui ordonnent notre permanente croissance. Notre embryogenèse est indéfinie, ouverte, adaptative et même voluptueuse...


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Il s’ouvre avec un double éditorial où Patrick Bellet évoque l’apport du Sage de Phœnix comme celle d’ « Un nouveau Copernic »,
puis Thierry Servillat s’imagine écrire une curieuse lettre à Milton, le maître de « L’art de la joie ».
Roxanna Erickson-Klein livre un texte inédit : « Mon père »,
puis Dominique Megglé, biographe attitré, relit à la lumière de notre époque la vie de « Milton Hyland Erickson., le conquérant immobile ».
Jeffrey Zeig, président de la Fondation Erickson, avec un détaillé « Abécédaire des postures éricksoniennes », nous fait percevoir l’essence de cette approche thérapeutique si peu théorisable.
Patrick Bellet traite ensuite, en nous étonnant, « De la nature végétale de l’hypnose ».
L’ « Erickson’s Touch. Quintessence hypnotique » est détaillée par Richard Van Dyck,
avant que Michel Kerouac envisage Milton H. Erickson comme « Un artiste sauveteur. Comme un visionnaire inouï ».
A l’instar d’Erickson qui s’est affranchi de carcans théoriques, il convient avec Maurice Corcos de considérer avec un bel esprit critique ce nouvel ordre mondial psychiatrique qu’est le DSM !

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Dr Patrick BELLET
Hypnothérapeute, Médecin Généraliste.
Président de l’Institut Milton Erickson Avignon
Conférencier International
Ancien Rédacteur en chef de la Revue Hypnose et Thérapies Brèves.
Past-Président de la CFHTB, Confédération Francophone d’Hypnose et Thérapies Brèves
Enseignant dans le D.U. de Sexualité Humaine de la Faculté de Médecine Paris XIII-Bobigny et dans le D.U. d’Hypnose médicale de la Faculté de Médecine de Montpellier.
Enseigne l’hypnose à l’Université Louis Pasteur de Strasbourg…



Rédigé le 04/08/2018 à 12:41 | Lu 14 fois | 0 commentaire(s) modifié le 04/08/2018





Laurent GROSS
Formateur en Hypnose Médicale, Ericksonienne et EMDR - IMO au Collège d'Hypnose et Thérapies... En savoir plus sur cet auteur

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